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Nantes: heurts en marge d'une manifestation contre la venue de Marine Le Pen

Près de 2.200 personnes, selon les chiffres de la police, ont défilé, dans un climat tendu, ce samedi après-midi à Nantes pour protester contre la venue dimanche de Marine Le Pen. Treize policiers gendarmes ont été blessés.

Des heurts ont éclaté samedi au centre de Nantes en marge d'une manifestation pour protester contre la venue dimanche de Marine Le Pen qui a réuni entre 3.000 et 2.200 manifestants, selon des sources syndicales et policières.

Des personnes qui se sont greffées au cortège ont lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. Treize policiers et gendarmes ont été blessés dont un brûlé au deuxième degré aux jambes. Il a été hospitalisé, a précisé la gendarmerie nationale. Quatre interpellations ont eu lieu, a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique.

Plus de 500 hommes deployés

Des devantures de magasins ont été saccagées par des projectiles et des pots de peinture. La porte d'entrée principale de l'hôtel de ville de Nantes a été taguée, du mobilier urbain a été endommagé, notamment de nombreux abris de tramway. En prévision des violences, des banques et arrêts de bus avaient été protégés par des panneaux de bois. Six compagnies de CRS et de gendarmes mobiles -soit plus de 500 hommes- avaient été déployées, ainsi que quelque 200 policiers urbains.

Les manifestants, appartenant à divers mouvements de la gauche et de l'extrême gauche, se sont retrouvés place du Commerce, au centre de Nantes pour dire non à la présence annoncée de la candidate du FN à la présidentielle dans la grande ville portuaire. Marine Le Pen doit tenir un meeting dimanche après-midi au Zénith.

"Les valeurs de notre syndicalisme de conquête sociale et celles de l'extrême droite sont absolument incompatibles"

Réunis à l'appel du "collectif nantais de refus des extrêmes droites", de la CGT, de la ZAD (Zone à défendre) de Notre-Dame des Landes, sous le slogan "Nantes debout soulève toi", les protestataires se sont dirigés vers une esplanade au pied du château des ducs de Bretagne.

"Les valeurs de notre syndicalisme de conquête sociale et celles de l'extrême droite sont absolument incompatibles", a déclaré Anthony Lemaire de la CGT 44, lors d'une prise de parole, un temps perturbé par des échauffourées. "Le FN défend les intérêts des possédants et du grand patronat même s'il s'efforce d'apparaître comme une solution pour ceux qui sont en difficulté", a-t-il ajouté.

"Je suis venue dire non aux idées du FN. Je suis très inquiète à l'idée de voir Marine Le Pen accéder à la fonction présidentielle. C'est un parti qui avance masqué par exemple sur l'avortement", a déclaré Pascale, enseignante 50 ans, venue avec un casque de vélo pour se protéger.

M.P avec AFP