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Municipales: pour Agnès Buzyn, Paris est "une ville anxiogène qui stresse les gens"

L'ancienne ministre de la Santé a confirmé ce mercredi sur BFMTV qu'elle serait tête de liste pour LaREM dans le 17e arrondissement de Paris. Face à Ruth Elkrief, la candidate a dévoilé plus en détail les grandes lignes de son programme pour la capitale.

Trois jours après avoir fait savoir qu'elle remplacerait Benjamin Griveaux comme candidate LaREM aux municipales à Paris, Agnès Buzyn a confirmé à BFMTV qu'elle serait tête de liste dans le 17e arrondissement de la capitale, comme elle l'avait indiqué la veille à BFM Paris. 

Lors d'un entretien accordé à Ruth Elkrief ce mercredi, Agnès Buzyn a défendu un projet "d'apaisement" et de "sérieux" pour la capitale, considérant que Paris était "une ville anxiogène qui stresse les gens", où il "ne fait plus bon vivre". L'ex-ministre décrit le 17e arrondissement comme "un arrondissement riche, fait de diversité: qui va des quartiers les plus bourgeois jusqu'aux quartiers plus populaires. En somme, un quartier des plus représentatifs de ce qu'est Paris".

Elle dit ainsi vouloir suivre la ligne sécuritaire de Benjamin Griveaux afin de "rassurer les parents, les personnes âgées". Sur la question de la transition écologique, elle estime que celle-ci est "une évidence" mais elle souhaite améliorer "la méthode".

"Je veux permettre à chacun de trouver sa place dans cette ville", a encore plaidé l'ancienne ministre sur notre antenne. "Les politiques qui ont été menées ont favorisé des personnes aux dépens des autres. Paris est une ville lumière, elle doit avoir un projet scientifique, de progrès".

Ce n’est "pas une course d’ancienneté"

Pour elle, son entrée en campagne tardive n'est aucunement un handicap. "C’est un défi mais la course à la mairie de Paris n’est pas une course d’ancienneté", a-t-elle estimé. "J’ai largement le temps de faire campagne, je suis concentrée mais pas stressée (...) Je sais gérer, la complexité des dossiers ne me fait pas peur".

L'ex-ministre de la Santé, qui a choisi de quitter son poste dimanche dernier, explique avoir toujours "eu en tête" une éventuelle candidature à la mairie de Paris. Sur BFMTV, Agnès Buzyn est revenue sur ses larmes lundi dernier, le jour de la passation de pouvoir. "Ce sont des larmes d’émotion et de reconnaissance", confie-t-elle, après "trois ans passés dans un ministère de l’humain dans lequel elle s'est engagée pleinement".

"Quand Benjamin Griveaux a annoncé son départ, la question s’est posée. Je l’avais en tête, et pour moi c’était une rencontre évidente", ajoute Agnès Buzyn, expliquant avoir pris sa décision après avoir parlé avec Emmanuel Macron. Selon elle, "c’est la rencontre entre une envie et une opportunité malheureuse et l’attente que je peux mettre au service de Paris".

Hidalgo et Dati "ne sont pas des ennemies"

L'ancienne ministre explique ensuite avoir "tendu la main" à l'ex-marcheur Cédric Villani, souhaitant qu'il rejoigne son projet. "La décision lui appartient", lance-t-elle, avant d'assurer: "Je ne lui ferme pas la porte. Je souhaite rassembler autour de moi. S’il le souhaite, il est toujours le bienvenu".

Celle qui, un peu plus tôt, regrettait que Cédric Villani ait imposé "un rapport de force" entre eux, ajoute cependant: "Je ne suis pas dans le marchandage. Soit on se met d’accord pour créer une majorité. Je souhaite qu’il rejoigne le projet que je porte. Je travaille sur une complémentarité mais pas dans du chipotage".

Enfin, Agnès Buzyn a déclaré n'avoir rien de particulier à déclarer à "ses adversaires politiques", en l'occurrence la tête de liste LR Rachida Dati et la maire sortante socialiste Anne Hidalgo, pour qui elle dit avoir "de l'affection", "de l'amitié". "Je ne les considère pas comme des ennemies". Elle juge toutefois que la méthode d'Anne Hidalgo a été "brutale", avec notamment la fermeture des voies sur berge. Elle exclut, aussi, tout rapprochement entre LR et LaREM, ne souhaitant pas être "dans des discussions d’appareils".

Interrogée sur le renoncement de son prédécesseur, rattrapé par une affaire de vidéos intimes, Agnès Buzyn a confié être effrayée de voir que "tous les coups (étaient) permis", déplorant "une atteinte à la vie privée". 

"Je suis heureuse que Benjamin Griveaux poursuive sur le volet judiciaire. C’est troublant, pour la femme politique que je suis, le pouvoir qu'a cette action illégale sur une élection. Sur le plan démocratique, c’est inquiétant. Je n’ai aucun jugement moral à faire. Comment garantir la transparence sans atteindre à la vie privée?".
Jeanne Bulant