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Michèle Alliot-Marie doit-elle démissionner ?

"C'est une campagne indigne", a déclaré MAM ce mercredi devant les députés...

"C'est une campagne indigne", a déclaré MAM ce mercredi devant les députés... - -

La pression s'accentue sur Michèle Alliot-Marie, mollement soutenue par la majorité et appelée à la démission par l'opposition après de nouvelles révélations sur ses vacances en Tunisie.

La ministre des Affaires Etrangères doit-elle démissionner ?
De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer son départ du gouvernement. Mais Michèle Alliot-Marie fait front. Elle s'est à nouveau défendue, hier mercredi à l'Assemblée nationale, refusant de quitter ses fonctions: « Ni vos attaques ni vos injures ne me détourneront de la tâche qui m'incombe », a-t-elle dit.

« C'est petit et abject d'utiliser mes parents...»

Déjà mise en cause pour avoir profité de l'avion d'un homme d'affaires réputé proche de l'ex-président Zine ben Ali, le chef de la diplomatie française a reconnu que ses parents étaient venus avec elle pour investir dans une société immobilière tunisienne appartenant aussi à cette personne, Aziz Miled, confirmant une information du Canard Enchaîné.
« C'est une campagne indigne", a-t-elle réagi mercredi devant les députés avant de déplorer la mise en cause de ses parents qui n'ont selon elle rien fait d'illégal. "Je veux vous dire tout simplement combien je regrette que vous ayez la petitesse, l'abjection d'essayer d'utiliser mes parents pour vous en prendre à moi et pour m'attaquer politiquement », a-t-elle ajouté.

Ben Ali au téléphone...

Le site Mediapart écrit pour sa part que Michèle Alliot-Marie a eu le président Ben Ali au téléphone pendant ses vacances de fin d'année en Tunisie, alors qu'elle avait affirmé n'avoir eu « aucun contact privilégié » avec lui. Confirmant cet échange téléphonique, le cabinet de Michèle Alliot-Marie a assuré mercredi qu'il s'inscrivait dans les activités quotidiennes d'un ministre des Affaires étrangères.
Mais, pour l'opposition, ces nouveaux éléments mettent à mal toute la stratégie de communication de la ministre et confirment le mélange des genres entre affaires privées et fonctions publiques en plein soulèvement tunisien. D'autant que Michèle Alliot-Marie voyageait avec un autre membre du gouvernement, son compagnon Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement.

Bernard Marie, le père de la ministre, a volé au secours de sa fille en endossant dans plusieurs médias la responsabilité de l'opération immobilière menée à Gammarth : « Ma femme et moi sommes les seuls responsables », a-t-il dit, précisant sur i>Télé que sa fille ne possédait aucune part de la société civile immobilière achetée dans le sud du pays.

Le parti présidentiel a dénoncé la brutalité de ces « attaques personnelles » contre cette figure de l'UMP mais sans se prononcer sur le fond, ni dissimuler un certain embarras.

« Si elle avait le sens de l'Etat, elle démissionnerait »

« Il n'y a rien d'illégal (mais) il y a un problème dans le traitement de l'information » de la part de la ministre, a déclaré sur France 3 la députée UMP Chantal Brunel. « Aujourd'hui, les Français attendent de leurs femmes et de leurs hommes politiques de plus en plus de transparence, d'exemplarité et dans leur vie privée, lorsqu'on est homme ou femme politique, d'être modeste et de ne pas mélanger vie privée et vie officielle », a-t-elle ajouté.
Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a dit que les explications avaient été données et que Michèle Alliot-Marie avait « tout le soutien de l'équipe gouvernementale ».
L'opposition, cependant, ne désarme pas. Estimant que la ministre n'avait cessé de mentir, le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a réclamé sa démission ainsi que celle de son compagnon : « Si Michèle Alliot-Marie et Patrick Ollier avaient le sens de l'Etat et de l'intérêt de la France, ils démissionneraient. S'ils ne le font pas, c'est à Nicolas Sarkozy de crever l'abcès », a-t-il dit.

Les parents de Michèle Alliot-Marie, qui possédaient déjà 13% de la société civile immobilière d'Aziz Miled, ont finalisé le rachat total le 30 décembre, pendant les vacances avec leur fille, pour un montant nominal de 755.000 dinars, soit 325.000 euros, écrit le Canard enchaîné, documents à l'appui. Le père de la ministre, âgé de 92 ans, a affirmé avoir lui-même choisi ce lieu de vacances et en avoir profité pour finaliser un achat prévu de longue date. Il dit aussi avoir payé le séjour dans l'hôtel d'Aziz Miled, dont les factures n'ont toujours pas été produites à ce jour.

REUTERS