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Mélenchon : « Le PS, roue de secours du carosse libéral »

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Le sénateur de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon a quitté le PS pour fonder son « parti de Gauche », excédé par ses camarades socialistes. Il s’explique.

Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, a quitté le PS, il y a une dizaine de jours, après le vote des motions pour fonder le Parti de Gauche. Sa vision est amère sur ses anciens camarades et le Congrès de Reims : « Ma décision a mûri. 80% des votes se sont portés sur 3 motions qui sont issues de l'ancienne majorité du parti. Il y a quand même une cohérence idéologique. D'un autre côté, la gauche du parti a perdu, alors qu'elle était unie, la moitié de ses électeurs. Donc moi, j'ai tiré la leçon de ça. L'orientation sur laquelle le PS se trouve, qui est en gros conforme à celle du reste de la social-démocratie internationale, et qui le conduit à être en quelque sorte la roue de secours du carrosse libéral, est confirmée. Et à l'intérieur de cette majorité, Ségolène Royal apparaît en tête ».

« Delanoë fait l'apologie du libéralisme »

Il a poursuivi en pointant les contradictions de Bertrand Delanoë : « C'est le paradoxe : c'est avec elle (Ségolène Royal, ndlr) que j'ai le moins de comptes à régler parce qu'elle au moins elle est claire, elle s'assume. Tandis que les autres ont passé leur temps à écrire une chose et ensuite à faire croire qu'ils étaient autre chose. Prenons l'exemple de Bertrand Delanoë. Il commence la campagne avec un livre dans lequel il fait non seulement l'apologie du libéralisme philosophique mais aussi du libéralisme économique, quoi qu'il en dise. Je renvoie vos auditeurs à la lecture éventuelle de son livre ».

« Aubry ne dit pas ce qu'elle est vraiment »

Martine Aubry est, elle aussi, très loin de trouver grâce aux yeux de Jean-Luc Mélenchon : « Martine Aubry, je la vois aujourd'hui repeinte par les commentateurs en une personnalité de la gauche du parti, dans laquelle elle n'a jamais mis les pieds au cours des 30 dernières années. Et qui est tout de même, rappelons-le, la personne qui a écrit la préface de la traduction française du programme de Tony Blair. Je ne lui en veux pas d'être ce qu'elle est. Je lui en veux de ne pas dire ce qu'elle est. Ce qui n'est pas respectueux de la conscience des citoyens et des militants, c'est d'écrire une chose, d'en dire une autre, et de se donner une troisième posture devant les médias ».

« Hamon devrait me rejoindre »

Enfin, il a appelé Benoît Hamon à rejoindre sa nouvelle formation : « Benoît Hamon a fait une belle campagne. Il hésite je le vois bien, mais c'est normal, il est jeune : à des moments il présente sa ligne avec des bords carrés, ce que je lui avais recommandé de faire, et en même temps il écrit une profession de foi extrêmement tendre. Il a pour lui la jeunesse, le renouvellement, et je n'ai aucun reproche à lui faire. Je lui conseille de venir avec moi faire le Parti de Gauche. De quitter le PS, qui est définitivement un parti de centre-gauche. Ceux qui aujourd'hui se battent pour le diriger sont d'accord sur l'essentiel. Et l'essentiel par exemple aujourd'hui c'est leur accord, à l'exception de Benoît Hamon, avec le Traité de Lisbonne. Ce sont des menteurs quand ils font une liste de revendications qui ressemble à une lettre au Père Noël et qu'en même ils sont pour le Traité de Lisbonne ».

La rédaction-Les Grandes Gueules