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Marseille, la ville de tous les espoirs pour les Insoumis

De jeudi à dimanche, la France insoumise tient ses "amphis d'été" à Marseille, la ville fétiche d'un jeune mouvement qui a y déjà réalisé de grands scores et a vu son leader, Jean-Luc Mélenchon, y être élu député. Mais l'importance de la cité n'est pas seulement électoraliste, elle est aussi symbolique.

De jeudi à ce dimanche, les Insoumis se sont donnés rendez-vous à Marseille pour leurs universités d'été. Universités d'été, non, la France insoumise a opté pour une appellation moins classique: les "amphis d'été", qui font mieux entrevoir la nature de l'événement, qui alterne conférences et ateliers, et a le mérite de réemployer la symbolique maison. "Amphis", comme l'acronyme de la France insoumise (FI), et le "phi", ce caractère grec qui a donné son emblème à cette jeune formation politique. Ces "amphis d'été" organisés dans la cité phocéenne sont aussi une nouvelle preuve de l'attachement particulier qui lie les Insoumis à Marseille et de l'ambition de ceux-là pour celle-ci.

L'idylle électorale de Jean-Luc Mélenchon

Marseille et les Insoumis, c'est avant tout l'idylle électorale entre le port et Jean-Luc Mélenchon. Au premier tour de la présidentielle, ce dernier y avait collecté 24,82% des suffrages exprimés, la meilleure performance parmi les candidats. Dans les Bouches-du-Rhône, le tribun était parvenu à la seconde position. Fort de ces résultats, au moment de choisir la circonscription la plus propice à l'envoyer à l'Assemblée nationale, il s'était décidé, après quelques hésitations, pour la 4e du département, en plein centre de Marseille.

Celui qui, note ici Le Figaro, a parfois narré sa première vision de la gare marseillaise Saint-Charles, "une cage à oiseau" à la main, à son arrivée en France et à son départ du Tanger de ses premières années, avait détaillé les raisons de son choix le 11 mai. Il avait tout d'abord avancé des motifs sociaux, déplorant "une destruction des services publics qui fait apparaître des plaies béantes dans la vie de la société et montre l’ampleur des besoins sociaux. Tout ça, c’est Marseille. Le choix est politique et social."

"L'incarnation du populaire"

Puis, il avait expliqué souhaiter désenclaver la ville, la sortir de l'entre-soi entretenu selon lui par ses élites: "Marseille, deuxième ville du pays, ne parle pas au pays. Du fait de son indigente classe politique, Marseille semble repliée sur elle-même à bavarder entre importants, comme des moules accrochées sur leur rocher, qui dès qu’ils voient quoi que ce soit qui change leur habitude poussent des cris d'orfraie". Trois mois plus tard, c'est le pays qui vient parler à Marseille, et plus précisément les Insoumis qui y posent leurs valises pour quelques tardives journées d'été.

La France insoumise vante aussi la mixité sociale et culturelle de cette ville, avec une ambition: celle d'en faire le laboratoire du mouvement. "C’est l’incarnation du populaire", selon un membre de l’encadrement du parti, consulté par BFMTV. Et la famille politique est déjà rentrée dans ses murs: un QG régional a déjà été loué sur la Canebière pour organiser la contestation. Une expérience qui a vocation à être démultipliée ailleurs.

Robin Verner avec Neila Latrous