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Marion Maréchal pose les jalons de son retour

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En prenant la direction d'un institut politique, Marion Maréchal compte peser sur la "métapolitique" pour gagner la "bataille culturelle", avant d'éventuelles combats électoraux.

Il s'agit de mener une "bataille culturelle", mais aussi de se placer au centre du jeu à droite. Invitée vedette d'une soirée rassemblant jeudi, à l'initiative de la revue L'Incorrect, le gotha de la droite conservatrice à la Palmeraie de Paris, Marion Maréchal (désormais ex Le Pen) a acté, après un an passé en retrait, son retour à la vie publique.

Retour prudent

Sans l'exclure, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen est encore loin d'un retour aux "affaires" et délaisse encore les combats électoraux.

"À l'époque de Balance ton porc, il est malvenu de vouloir faire dire “oui” à une femme qui passe son temps à dire 'non' (...) ce n'est pas un retour politicien", a nuancé l'ancienne benjamine de l'Assemblée nationale, directrice du nouvel Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep) de Lyon.

Marion Maréchal a expliqué son ambition: "Nous ne sommes pas un parti politique, nous ne sommes pas un sas de parti politique. Nous voulons être un carrefour. (...) Rien n’émerge, ni personne ni projet: on est encore en état de décomposition. La recomposition va passer par des engagements concrets. C’est œuvrer à cette recomposition, cette reconstruction intellectuelle que l’on fait avec l’Issep."

Des propos qu'apprécieront probablement Laurent Wauquiez, nouveau chef "décomplexé" des Républicains à la tête d'une formation dispersée, et surtout Marine Le Pen, tentant de relancer le "Rassemblement national" (ripolinage patronymique du Front national) après les échecs de 2017.

"Zombie"

Sans s'être illustrée par un parcours intellectuel et universitaire spécialement brillant, Marion Maréchal aspire cependant à "contribuer à une résurrection intellectuelle du conservatisme". 

"En France nous avons des conservateurs zombies, une population qui majoritairement est plutôt attachée à son enracinement (...) L'idée c'est de sortir ces conservateurs de leur état de zombification et de les faire revenir, en tout cas de leur permettre d'exister de nouveau dans le débat public", développe celle dont la ligne libérale et identitaire séduit à droite de la droite.

De son propre aveu "atout et faiblesse" de l'école dont elle prend le direction, Marion Maréchal semble soucieuse de donner une colonne vertébrale à son engagement, alors que le Rassemblement national de sa tante peine à retrouver une ligne directrice après l'abandon de la ligne sociale-souverainiste de Florian Philippot. 

Discours classique

Allégée du poids de l'héritage du nom "Le Pen", Marion Maréchal n'en tient pas moins un discours extrêmement classique pour une représentante de l'extrême droite. Voulant proposer une alternative aux "moules à gaufres macronistes" que sont selon elle les grandes écoles, l'ancienne élue pourfend des institutions promouvant "la globalisation heureuse, la fin des frontières et la fin du cadre national".

"L'élite a ce cynisme de toujours se préserver de ce qu'elle impose au peuple. (...) La diversité est toujours beaucoup plus jolie de son balcon, et toujours plus agréable à imposer aux autres, qu'on fait tout pour en préserver ses enfants", conclut Marion Maréchal dans un élan populiste. 

Si cette manière de faire de la politique en dehors d'un parti se place dans l'air du temps et rencontre le vieux rêve de "l'union des droites", le discours de Marion Maréchal reste, lui, très ancré dans "l'ancien monde". Cela tombe bien, l'égérie de l'extrême droite se range parmi les "antimodernes". 

Louis Nadau