BFMTV

Marine Le Pen présente un contre-projet sur l'écologie en vue de la présidentielle de 2022

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen le 9 mars 2021 à Paris.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen le 9 mars 2021 à Paris. - Alain Jocard

En exposant un contre-projet de référendum sur l'écologie en plein examen du projet de loi Climat du gouvernement, la présidente du RN entend s'approprier un nouveau thème pour la présidentielle.

Le sujet était jusqu'ici délaissé par son parti. Marine Le Pen a présenté ce mardi un contre-projet de consultation sur l'écologie, thématique qu'elle entend désormais intégrer à son projet présidentiel sous un angle protectionniste et identitaire.

"Manœuvre politicienne." C'est ainsi que la présidente du Rassemblement national a qualifié le référendum voulu par Emmanuel Macron pour inscrire dans la Constitution la préservation de l'environnement, qui fait l'objet d'un projet de loi discuté de mardi à jeudi à l'Assemblée. Cette disposition figure déjà dans la Charte de l'environnement de 2004, qui a valeur constitutionnelle, fait-elle valoir.

La candidate à l'Elysée préfère consulter les Français, sur la base de l'article 7 de cette Charte, en les interrogeant sur 15 questions portant sur le nucléaire qu'elle défend, y compris les EPR, les éoliennes, qu'elle fustige, ou encore l'installation des grandes surfaces commerciales, qu'elle veut suspendre. Les réponses positives seraient ensuite intégrées à la Charte.

"Pas climato-sceptique"

Un "vrai virage pour le Rassemblement national", entamé en 2019 lors des élections européennes, selon Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique de BFMTV:

"Il y a encore quelques années Jean-Marie Le Pen trouvait que l'écologie c'était la nouvelle religion des bobos gogos. Ses proches à elle disaient qu'elle était écolo à cause de l'amour qu'elle portait à ses chats."

Aucune question en revanche ne porte sur l'isolation thermique des bâtiments, responsables de près d'un quart des émissions de gaz à effet de serre. Marine Le Pen plaide pourtant pour un "grand plan" d'isolation des logements, mais refuse d'en faire porter l'effort sur ceux qui n'en ont pas "la capacité financière".

La dirigeante d'extrême droite, qui avait affirmé en avril 2019 que "les migrants c'est comme les éoliennes, tout le monde est d'accord pour qu'il y en ait mais personne ne veut que ce soit à côté de chez lui, reconnaît la part de l'homme dans le changement climatique et ne se dit "pas climato-sceptique".

"Un nouveau signal sur son recentrage"

Si aucune des propositions du contre-projet de la présidente du Rassemblement national n'a de chance d'aboutir faute de majorité, Matthieu Croissandeau estime que là "n'était pas la question".

"À un an de la présidentielle, il s'agit pour Marine Le Pen de se positionner sur cette thématique d'abord et d'envoyer un nouveau signal sur son recentrage", développe notre éditorialiste politique, voyant dans cette opération de communication un pas de plus dans sa stratégie de présidentialiation et non plus de dédiabolisation.

Défense du localisme et des circuits-courts, critique des accords de libre-échange... La démarche vise dans le même temps à soutenir un certain patriotisme économique et s'inscrit aussi dans la stratégie de "normalisation" de Marine Le Pen pour 2022.

La présidente du Rassemblement national et candidate à l'élection présidentielle sera notre invitée jeudi soir dans le cadre de l'émission "Face à BFM", au cours de laquelle sera notamment interrogée sur son projet présidentiel.

Hugues Garnier avec AFP