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"Maintenir la flamme" pour les reporters otages en Afghanistan

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Paris pour marquer le 150e jour de détention de deux journalistes français, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan. Les deux hommes, reporters pour France 3, ont été enl

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Paris pour marquer le 150e jour de détention de deux journalistes français, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan. Les deux hommes, reporters pour France 3, ont été enl - -

par Antony Paone PARIS - Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Paris pour marquer le 150e jour de détention de deux...

par Antony Paone

PARIS (Reuters) - Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Paris pour marquer le 150e jour de détention de deux journalistes français, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages en Afghanistan.

Amis, collègues et anonymes ont déployé une banderole devant le siège de France Télévisions sur laquelle étaient imprimées des reproductions de leur carte de presse, avec leur nom et leur photo ainsi que la phrase: "On ne vous oublie pas".

Un rassemblement était prévu vendredi à la même heure à Strasbourg. Samedi, le comité de soutien de Marseille appelle à se mobiliser autour du père de Stéphane Taponier, sur le quai de la Fraternité, dans le Vieux port.

"Par ces rassemblements, on veut maintenir une flamme, une pression, pas au sens négatif du terme, mais pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli", a expliqué à Reuters Yann Fossurier, président de la Société des journalistes de France 3.

Reporters pour France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière ont été capturés avec leurs trois accompagnateurs afghans le 29 décembre dans la province de Kapisa, au nord-ouest de Kaboul.

En 2005, la journaliste Florence Aubenas, aujourd'hui marraine du comité de soutien des deux reporters de France 3, avait été libérée après 157 jours de détention en Irak. Un an plus tôt, Christian Chesnot et Georges Malbrunot étaient restés aux mains de leurs ravisseurs irakiens pendant 127 jours.

NÉGOCIATIONS "TRÈS DIFFICILES"

Selon les autorités françaises, les deux journalistes de France 3 sont en bonne santé mais le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fait état de négociations "très difficiles" pour obtenir leur libération.

Vendredi, les journalistes de France Télévisions ont été rejoints par plusieurs personnalités de chaînes privées, comme les présentatrices de TF1 Laurence Ferrari et Claire Chazal.

"Nous devons amplifier la mobilisation, parmi les journalistes mais aussi auprès de tous les Français", a plaidé le secrétaire général de Reporters sans frontière, Jean-François Julliard.

Très peu d'informations ont filtré sur les négociations en cours.

En février, la direction et les syndicats de France Télévisions s'étaient indignés de propos du chef d'état-major des armées sur le coût des recherches des deux journalistes, qu'il avait évalué à plus de dix millions d'euros.

Peu avant, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, avait reproché aux deux reporters une "imprudence coupable".

Au retour d'un voyage-éclair à Kaboul ce mois-ci, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a expliqué avoir évoqué leur sort lors d'une rencontre avec son homologue afghan.

"On peut comprendre qu'on ait très peu d'éléments (sur les négociations). On espère que les choses avancent", a dit vendredi Yann Fossurier.

"Plus le temps passe plus le risque grandit qu'ils tombent dans l'oubli", a-t-il estimé. "On sait qu'on a un gouvernement et des hommes politiques qui ont quinze priorités en même temps".

Avec Laure Bretton, édité par Yves Clarisse