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Macron s'attaque à la "laïcité revancharde" comme "arme" contre "la religion musulmane"

Emmanuel Macron ne veut pas que la "laïcité" devant une "arme" contre "la religion musulmane"

Emmanuel Macron ne veut pas que la "laïcité" devant une "arme" contre "la religion musulmane" - Frederick Florin - AFP

Dans un entretien à Marianne, l'ancien ministre de l'Economie s'est notamment prononcé contre l'interdiction du voile à l'université. Il s'émeut, toutefois, des écoles confessionnelles qui enseignent "la haine de la République".

L'ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron fustige les tenants d'une "laïcité revancharde" qui veulent, selon lui, en faire "une arme contre un monothéisme", en l'occurrence "la religion musulmane", dans un entretien-débat à l'hebdomadaire Marianne.

"Le débat politique ne doit pas faire de la laïcité une arme contre le monothéisme (...) Je suis contre l'interdiction (du voile à l'université) (...) Au titre d'une laïcité revancharde, on en vient à sortir des citoyens des lieux de la République et à les confiner à l'écart, sans enrayer la montée du fondamentalisme, ni conforter la laïcité", affirme-t-il.

Emmanuel Macron s'émeut en revanche "des écoles confessionnelles qui enseignent la haine de la République, professent des enseignements essentiellement en arabe ou, ailleurs, enseignent la Torah plus que les savoirs fondamentaux".

"Demanderait-on à des catholiques d'être modérés? Non!"

A ses yeux, "la laïcité n'a pas vocation à promouvoir une religion républicaine". Il dénonce ainsi ceux, comme Jean-Pierre Chevènement, qui "demandent à des citoyens d'être 'discrets'". "Demanderait-on à des catholiques d'être modérés ? Non !" insiste-t-il.

Alors que le fondateur de Marianne, Jean-François Kahn, lui fait remarquer que les musulmans qui "n'acceptent pas" que la loi républicaine passe avant la loi de Dieu "sont des extrémistes", Emmanuel Macron s'inscrit en faux.

"Non, je ne suis pas d'accord. Dans le champ public, je ne leur demande qu'une seule chose : qu'ils respectent absolument les règles", lance-t-il.

S'agissant de leur rapport à Dieu, "je ne demande pas aux gens d'être modérés, ce n'est pas mon affaire", ajoute Emmanuel Macron. "Dans sa conscience profonde, je pense qu'un catholique pratiquant peut considérer que les lois de la religion dépassent les lois de la République", déclare-t-il encore.
Jérémy Maccaud avec AFP