BFMTV

Macron affirme que la France n'a "jamais été en rupture de masques" et ulcère l'opposition

Lors de notre long-format, diffusé lundi soir, Au cœur de l'Elysée, face à la crise, Emmanuel Macron a nié toute "rupture" de masques en France, admettant seulement des "tensions". Cette déclaration a outré l'opposition de droite comme de gauche.

Emmanuel Macron n'en démord pas: non, l'Etat n'a pas été pris en faute sur la question des masques au début de la crise. Dans notre long-format Au cœur de l'Elysée, face à la crise, diffusé ce lundi soir, le président de la République affirmait ainsi: "Les choses ont été dites, gérées. Il y a eu une doctrine restrictive pour ne jamais être en rupture que le gouvernement a prise et qui, je pense, était la bonne. Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée."

Il insistait alors: "Et nous n’avons jamais été en rupture. Ce qui est vrai, c’est qu’il y a eu des manques, des tensions, c’est ce qu’il faudra regarder pour le corriger et prévenir."

Scandale pour le RN et la droite 

Une contrition minimale qui a ulcéré l'opposition, indépendamment de sa place dans le spectre politique. Sur Facebook, la présidente du Rassemblement national, Marine le Pen, a attaqué: "Comment le Président peut-il oser dire cela alors que son gouvernement a MENTI sur l’utilité même des masques justement pour cacher la pénurie? Ces propos sont une provocation insupportable compte tenu de la situation!"

Elle a aussi ironisé. "C'est confirmé: il n'a pas changé...", a-t-elle lâché. 

Sur Twitter, son confrère du RN et député européen, Jordan Bardella, y est lui aussi allé de son indignation majuscule: "Je rêve, ou Macron lâche une véritable bombe: ils ont VOLONTAIREMENT créé cette pénurie, et volontairement refusé de donner des masques à ceux qui en auraient eu besoin ?"

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a accusé Emmanuel Macron de tomber dans une forme de révisionnisme: "Emmanuel Macron réécrit l’Histoire : nous demandons des masques et des tests depuis des mois! Il n’y en avait même pas assez pour les soignants et les Français mobilisés sur le terrain contre le Covid-19! Ceux qui étaient en première ligne apprécieront!"

Eric Ciotti, député "Les Républicains" élu dans les Alpes-maritimes, s'est contenté d'un "il a osé!" stupéfait.

"Déni" pour la gauche 

Danièle Obono, députée de la France Insoumise élue à Paris, s'est montrée quant à elle déroutée sur Twitter: "Je ne sais plus. Comment caractériser politiquement, sans faire de la psychiatrisation de comptoir ? Et même à ce niveau, les mots manquent. Tant de mépris, déni, arrogance... C'est au-delà des mots, de l'entendement. C'est un autre monde, une autre galaxie. Terrifiant."

Le Parti communiste a lui aussi choisi d'envisager la chose sous un angle psychanalytique, évoquant à son tour un "déni" présidentiel.

Robin Verner