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Lors de ses vœux aux Français, Macron assure que "la réforme des retraites sera menée à son terme"

Le chef de l'Etat, qui s'était jusque-là très peu exprimé sur le sujet, a profité de son allocution très attendue pour affirmer que, malgré les critiques, "la réforme des retraites sera menée à son terme".

La troisième séquence de vœux adressées aux Français par Emmanuel Macron est marquée, cette année, par la forte contestation de la rue menée depuis un mois face à la réforme des retraites portée par son gouvernement. Le chef de l'Etat, qui s'était jusque-là très peu exprimé sur le sujet, a évoqué ce mardi soir le sujet pendant cinq minutes, sur les dix-huit qu'a duré son intervention. 

Mais avant d'aborder le projet du gouvernement, il a souligné, en introduction, que la troisième année du mandat d'un président est souvent le moment du mandat "où l'on renonce à agir avec vigueur pour ne surtout plus mécontenter personne à l'approche des futures échéances électorales". "Nous n’avons pas le droit de céder à cette fatalité. L’inverse doit se produire", a-t-il ajouté.

"J’ai conscience que les changements bousculent souvent. [...] Je mesure combien les décisions prises peuvent heurter. Faut-il pour autant renoncer à changer notre pays et notre quotidien? Non. Ce serait abandonner ceux que le système a déjà abandonnés, ce serait trahir nos enfants, leurs enfants après eux, qui alors, auraient à payer le prix de nos renoncements. C'est pour cela que la réforme des retraites sera menée à son terme", a expliqué le président de la République.

Le projet prendra "en compte les tâches difficiles"

Emmanuel Macron a assuré que la réforme contestée était un "projet de justice et de progrès social, qui assure l'universalité". Il a souligné qu'elle prendrait "en compte les tâches difficiles" pour pouvoir "partir plus tôt", alors que de nombreux points restent à éclaircir.

"Nous prendrons en compte les tâches difficiles pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt sans que cela soit lié à un statut ou à une entreprise", a-t-il déclaré, lui qui avait prévenu début octobre qu'il "n'ador(ait) pas le mot de 'pénibilité'".

Le président a souligné entendre "les peurs" et "les angoisses", mais également "beaucoup de mensonges, manipulation". Pour lui, si "apaisement doit primer sur affrontement", "apaiser ne veut pas dire renoncer". "Ma seule boussole: l’intérêt du pays", s'est-il exclamé.

"La voie d'un compromis rapide"

Emmanuel Macron a par ailleurs demandé au gouvernement de "trouver un compromis rapide" sur la réforme des retraites avec les syndicats "qui le veulent"

"Avec les organisations syndicales qui le veulent, j'attends du gouvernement d'Edouard Philippe qu'il trouve la voie d'un compromis rapide" sur ce projet, "dans le respect des principes" que le chef de l'Etat a énumérés, notamment "plus d'équité".

Le président a terminé son intervention sur les retraites en assurant être, "comme [les Français], impatient de voir la situation s’améliorer plus vite pour nous tous et en particulier pour les plus fragiles".

Clément Boutin