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Les têtes maories seront restituées à la Nouvelle-Zélande

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PARIS - Les têtes maories momifiées et tatouées détenues par des musées de France depuis des siècles seront restituées à la Nouvelle-Zélande en signe...

PARIS (Reuters) - Les têtes maories momifiées et tatouées détenues par des musées de France depuis des siècles seront restituées à la Nouvelle-Zélande en signe de respect pour la culture de cette population polynésienne de l'île.

Après le Sénat en juin dernier, l'Assemblée nationale a adopté mardi à la quasi unanimité la proposition de loi présentée par la sénatrice centriste Catherine Morin-Dessailly.

Le texte, qui est donc définitivement adopté par le Parlement français, dispose notamment qu'à compter de la date d'entrée en vigueur de la loi "les têtes maories conservées par des musées de France cessent de faire partie de leurs collections pour être remises à la Nouvelle-Zélande".

"On ne construit pas une culture sur le trafic. On construit une culture sur le respect et sur l'échange", a déclaré le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand.

Les Maori, population polynésienne habitant la Nouvelle-Zélande depuis le VIIIe siècle, seraient aujourd'hui environ 600.000 sur une population de plus de quatre millions.

L'équipe de rugby de Nouvelle-Zélande a popularisé leur danse rituelle, le Haka, interprétée avant chaque match des All Blacks et désormais connue dans le monde entier.

Les têtes maories momifiées avaient été ramenées au XVIIe et XVIIIe siècles. Selon la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, plus de 320 restes humains maoris ont été restitués sur les quelque 500 dispersés dans le monde.

LES TÊTES RENDUES AUX TRIBUS

Il y en aurait une vingtaine dispersées dans plusieurs musées français, à Rouen, Paris, Marseille, Nantes, La Rochelle et Lyon. De nombreux pays ont déjà répondu favorablement à l'appel de la Nouvelle-Zélande en restituant les têtes en leur possession, comme la Suisse, la Grande-Bretagne, le Danemark, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Argentine ou l'Australie.

Le texte va notamment permettre au muséum d'histoire naturelle de Rouen, en Seine-Maritime, de remettre aux autorités de Nouvelle-Zélande une tête qu'il conserve depuis 1875.

Sa restitution avait été votée à l'unanimité en octobre 2007 par le conseil municipal de Rouen. Mais cette délibération municipale avait été ensuite invalidée par le tribunal administratif de Rouen.

Les têtes seront dans un premier temps déposées au Musée national Te Papa à Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande, avant d'être ensuite rendues aux tribus concernées pour être enterrées selon les coutumes maories.

En 2002 le Parlement français a voté à l'unanimité une proposition de loi, également d'origine sénatoriale, qui a permis au musée de l'Homme de Paris de restituer à l'Afrique du Sud la dépouille de Saartjie Baartman, la "Vénus Hottentote".

Décédée à Paris en décembre 1815, plusieurs parties de son corps avait été placées dans des bocaux de formol tandis qu'un moulage de son corps et son squelette furent exposés jusqu'en 1974 au musée de l'Homme.

Service France, édité par Yves Clarisse