BFMTV

Les socialistes s'en prennent à Borloo avant le remaniement

Les dirigeants du Parti socialiste tirent à boulets rouges sur Jean-Louis Borloo, l'un des favoris pour le poste de Premier ministre, avant le remaniement dont ils n'attendent aucune inflexion politique. /Photo prise le 26 octobre 2010/REUTERS/Charles Pla

Les dirigeants du Parti socialiste tirent à boulets rouges sur Jean-Louis Borloo, l'un des favoris pour le poste de Premier ministre, avant le remaniement dont ils n'attendent aucune inflexion politique. /Photo prise le 26 octobre 2010/REUTERS/Charles Pla - -

PARIS (Reuters) - Les dirigeants du Parti socialiste tirent à boulets rouges sur Jean-Louis Borloo, l'un des favoris pour le poste de Premier...

PARIS (Reuters) - Les dirigeants du Parti socialiste tirent à boulets rouges sur Jean-Louis Borloo, l'un des favoris pour le poste de Premier ministre, avant le remaniement dont ils n'attendent aucune inflexion politique.

Pour le PS, la contre-attaque de François Fillon, qui s'est implicitement déclaré candidat à sa propre succession mercredi soir alors que le ministre de l'Ecologie a lancé son offensive, prouve qu'il n'y a rien à attendre des prochaines nominations.

Que le locataire actuel de Matignon reste ou parte, "c'est bleu bonnet et bonnet bleu", ironise un membre de la direction du PS, en référence à la couleur du parti majoritaire, même si le credo social adopté ces derniers jours par Jean-Louis Borloo semble justifier que les piques soient concentrées sur le ministre de l'Ecologie.

L'offensive a été lancée par Laurent Fabius, auteur d'un portrait au vitriol de l'ancien avocat d'affaires.

Jean-Louis Borloo, "il a fait quoi? Il s'est occupé de l'emploi, de la ville, je crois, au moment des émeutes de 2005, c'est ça? Il a été trois semaines ministre de l'Economie et des Finances, le temps pour lui de dire qu'il était pour la TVA sociale... Et depuis deux ans, trois ans, il s'occupe des transports, de l'essence et de l'écologie, au point que M. le Président de la République vient de dire: l'écologie ça suffit", a raillé l'ancien Premier ministre.

Tous au PS s'attachent surtout à souligner qu'il fait partie de tous les gouvernements de droite depuis huit ans.

"Il ne peut pas nous faire le coup de la dernière pluie ou alors on se chargera de lui rappeler son bilan", commente un secrétaire national. Du plan de cohésion sociale au Grenelle de l'environnement, "Borloo a surtout brassé de l'air".

NICOLAS SARKOZY PREMIER MINISTRE

Sur le mode de l'humour acide, nombreux sont ceux qui rappellent également que Jean-Louis Borloo avait remporté le prix de l'humour politique en 2008 grâce à une petite phrase.

"Sarkozy, c'est le seul qui a été obligé de passer par l'Elysée pour devenir Premier ministre", avait-il déclaré, raillant la disparition de la fonction de chef de gouvernement qu'il convoite aujourd'hui.

"On connaît déjà le Premier ministre: ce sera Nicolas Sarkozy", estime Martine Aubry.

Si Jean-Louis Borloo est nommé, "soit il sera égal à lui-même et donc il ne durera pas longtemps soit il fera du Fillon", dit-on dans l'entourage de la première secrétaire.

"Les déclarations de François Fillon sont une pierre dans le jardin de Jean-Louis Borloo", a remarqué jeudi le maire PS de Lyon, Gérard Collomb. "Je croyais que le message, c'était plutôt qu'il fallait un changement. Or ce changement ne va pas avoir lieu", a-t-il déploré.

Vu l'état du pays et l'exaspération sociale, "le bon choix n'existe pas" pour Nicolas Sarkozy, juge Laurent Fabius, qui ne croit pas plus à l'hypothèse Borloo qu'à celle d'un saut de génération avec la nomination d'un François Baroin ou d'un Bruno Le Maire, des "faux jeunes" selon lui.

Pour François Hollande, si le choix est si compliqué pour Nicolas Sarkozy, c'est parce que le futur nouveau gouvernement sera sa prochaine "équipe de campagne présidentielle".

Depuis quatre mois "il n'y a plus de gouvernement", a dit l'ancien premier secrétaire du PS dimanche sur France Inter.

"Vous avez un Premier ministre qui fait ses discours d'adieu, régulièrement. Vous citez les prétendants qui viennent à la télévision dire combien leur cause mérite d'être défendue, d'autres qui viennent pleurnicher pour savoir s'ils y seront encore", a-t-il déploré.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse