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Sarkozy veut un grand ministère de l'Intérieur aux compétences renforcées

Nicolas Sarkozy lors de la Fête de la Violette du parti Les Républicains, le 4 juillet 2015.

Nicolas Sarkozy lors de la Fête de la Violette du parti Les Républicains, le 4 juillet 2015. - Guillaume Souvant - AFP

Cette proposition devrait être annoncée mardi en clôture de la journée de travail du parti Les Républicains sur la sécurité. L'occasion pour Nicolas Sarkozy d'évoquer son sujet de prédilection.

Nicolas Sarkozy a beau être discret, il n'a jamais perdu de son intérêt pour les questions de sécurité. Mardi, c'est avec une proposition phare qu'il conclura la journée de travail du parti Les Républicains sur ce thème: celle d'un grand ministère de l'Intérieur aux fonctions élargies, rapporte Le Monde. Il réunirait police et gendarmerie, ainsi que l'administration pénitentiaire et les douanes.

Ancien ministre de l'Intérieur, un poste qu'il avait occupé entre 2002 et 2004 puis entre 2005 et 2007, Nicolas Sarkozy n'a pas oublié que ce poste l'a propulsé à la tête du pays. Et la constellation des personnalités qui constituent son entourage révèle l'importance qu'il y accorde.

Frédéric Péchenard, ancien patron de la police nationale, est devenu directeur général du parti. Michel Gaudin, son directeur de cabinet, a lui aussi dirigé la police nationale avant de devenir préfet de police puis... directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy. Bruno Beschizza, maire d'Aulnay-sous-Bois et ancien syndicaliste policier, est l'un des deux secrétaires nationaux des Républicains chargés de la sécurité, avec la maire du 17e Brigitte Kuster. A cette galerie de personnages marqués "sécurité", s'ajoute enfin le fidèle Brice Hortefeux, lui-même ancien ministre de l'Intérieur, ainsi que deux conseillers anciens patrons de la gendarmerie.

Les cadres boudent la réunion des Républicains

De quoi garder un regard très attentif sur les questions de sécurité. Mais Nicolas Sarkozy l'a bien compris, il n'est pas le seul sur ce terrain. Les attentats de janvier 2015 ont mis la question du terrorisme sur le devant de la scène, et François Hollande a bien l'intention de ne pas laisser la question dans les mains de la droite. Il y a à peine 10 jours, Bernard Cazeneuve annonçait de nouvelles mesures pour assurer la sécurité dans les transports en commun et, il y a trois jours, le déblocage de 16,6 millions d'euros pour les brigades anti-criminalité. Le 22 octobre dernier, François Hollande lui-même a promis un plan global pour répondre à l'agacement des forces de l'ordre.

Au jeu de la bataille de communication, comment se faire entendre et introduire de nouvelles idées? Plusieurs élus locaux devraient être présents mardi au siège du parti pour évoquer la question. Eric Ciotti interviendra sur la question pénale. Mais tous les cadres des Républicains ne seront pas présents. 

Certains – principalement les adversaires de Nicolas Sarkozy à la primaire de 2016 – ont prévu de bouder la réunion de mardi comme ils l'ont fait pour celle sur l'immigration ou l'économie, rapporte Le Parisien. Bruno Le Maire, François Fillon et Xavier Bertrand préfèrent défendre leur programme plutôt que de se soumettre à celui préparé par le parti. Mais surtout, aucun d'entre eux ne souhaite apporter à Nicolas Sarkozy la satisfaction d'imposer ses idées.

Ariane Kujawski