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Primaire de la droite: le camp Fillon fait circuler un mémo anti-fraude

De gauche à droite, François Fillon, Alain Juppe et Nicolas Sarkozy lors de l'université d'été des Républicains, le 5 septembre 2015.

De gauche à droite, François Fillon, Alain Juppe et Nicolas Sarkozy lors de l'université d'été des Républicains, le 5 septembre 2015. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Dimanche, les électeurs de droite sont appelés aux urnes pour désigner celui ou celle qui les représentera à la présidentielle. Quatre ans après le fiasco de l’élection, le camp de François Fillon prend des mesures pour éviter toute récidive.

C’était il y a quatre ans, presque jour pour jour. François Fillon et Jean-François Copé se disputaient la tête de l’UMP. Un scénario que veulent éviter de reproduire les candidats. 

Du côté de la Haute Autorité de la primaire, une procédure qui se veut infaillible a été mise en place. 

"On a pris toutes les mesures pour sécuriser le scrutin et garantir son intégrité, raconte la juriste Anne Levade au Monde, qui préside cette instance. La Haute Autorité est le seul maître à bord et le système fonctionne en vase clos".

Dans les 10.228 bureaux de votes, un président et trois assesseurs veilleront au bon fonctionnement de cette élection. Tous ont été désignés fin juillet par des commissions départementales. Le relais local de la Haute Autorité. 

Un contrôle à chaque étape

Aussi, pour éviter la fraude, tous les bureaux de votes fermeront à 19h pour le dépouillement et seront accessibles aux délégués désignés par les candidats.

Dans l'équipe de campagne de François Fillon, un document a même été transmis à ceux qui surveilleront le scrutin pour éviter à tout prix une nouvelle affaire de fraude, explique RTL.

Patrick Stefanini, le directeur de campagne de François Fillon s'est adressé aux bénévoles qui travaillent pour le candidat "la fraude [de 2012] doit nous servir de leçon". Il appelle les Fillonistes à la plus grande vigilance.

Trois e-conférences vont être dispensées, et un mémo-vote distribué. A l'intérieur, des consignes sur comment réagir en cas d'irrégularité ou à quoi ressemble un cas de fraude. 

De plus, une réunion entre les Fillonistes et les Juppéistes s'est tenue, en tout discrétion, début novembre, selon L'Express. Ensemble, ils auraient repéré 150 circonscriptions à risque, sur 577, tenues par des proches de Nicolas Sarkozy.

Là encore, pour éviter tout risque de fraude, les candidats se sont engagés à avoir des observateurs présents dans tous ces bureaux de vote jugés à risque. 

Pas de vote par procuration

Les résultats seront ensuite transmis par chaque président via une plateforme électronique et un centre d'appel téléphonique "avec des dispositifs de contrôle mis en place à chaque étape", souligne Anne Levade dans un entretien accordé à France 24. Ils seront publiés en temps réels sur le site internet dédié. Les premiers résultats devraient être connus vers 20h30. 

Autre différence avec 2012, le vote par procuration n’est pas possible.

"Nous n’avons pas non plus les moyens de mettre nous-mêmes en place ce genre de dispositif et de garantir leur régularité", justifie Anne Levade sur France 24.

En 2012, circonscriptions "oubliées" et votes suspects

En novembre 2012, l’UMP avait connu un psychodrame. Le soir de l’élection, les résultats étaient serrés, les deux candidats ont réclamé la victoire. Après un recomptage, Jean-François Copé est déclaré vainqueur. François Fillon explique que trois fédérations d’Outre-mer ont été oublié, et qu’il a gagné.

S’en suivent des semaines d’accusations mutuelle de fraude: une avalanche suspecte de votes par procuration a mis en cause la sincérité du scrutin. 

La commission des recours de l'UMP (Cocoe) tente alors une médiation, mais échoue. Les tensions montent de jour en jour et Alain Juppé s'inquiète pour l'avenir de son parti.

Au final, les deux rivaux finissent par trouver un terrain d'entente. En septembre 2013, un nouveau vote aura lieu et la Haute autorité est créée. Six mois plus tard, le vote en ligne a basculé dans la cacophonie et les bugs informatiques.

Elodie Hervé