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Démissionné de l'UMP, Copé "laisse gronder les envieux"

Jean-François Copé à Aulnay-sous-Bois mercredi 11 juin

Jean-François Copé à Aulnay-sous-Bois mercredi 11 juin - -

Le président démissionnaire de l'UMP, empêtré dans l'affaire Bygmalion, a reconnu ne pas avoir imaginé devoir quitter son poste et affirme vouloir faire désormais de la "politique autrement".

Jean-François Copé, président démissionnaire de l'UMP, a réaffirmé mercredi soir à Aulnay-sous-Bois que son "intégrité" était "totale" et que son départ forcé de la direction du parti. Embourbé dans l'affaire Bygmalion le député maire de Meaux vit "une épreuve personnelle".

"Je veux réaffirmer devant vous mon intégrité totale, avec la volonté farouche de servir la vérité, toute la vérité. Non, je n'ai rien su" du système de fausses factures présumé au détriment des finances de l'UMP, via la société de communication Bygmalion, a affirmé Jean-François Copé lors de ce meeting.

"Ma démission sera effective dimanche 15 juin. Je ne vais pas vous mentir, cette situation, je ne l'avais pas prévue", a-t-il lancé aux quelque 400 personnes venues l'écouter et qui l'ont applaudi à de nombreuses reprises, parfois en scandant son nom.

L'UMP dans une "zone de turbulence"

"Notre parti entre à nouveau dans une zone de turbulence", a estimé Jean-François Copé, au lendemain du Bureau politique qui a remis les clés de l'UMP à un triumvirat formé de trois anciens Premiers ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon. Désormais, "je veux faire de la politique autrement", a-t-il promis, sur un ton passionné et déterminé.

"Faire de la politique autrement, c'est d'abord ne jamais oublier que nous sommes là pour servir la France". C'est aussi "imaginer un autre temps, un temps où l'on commence par se taire, on appuie sur pause, pas pour se faire oublier - ce serait insoutenable - mais parce que le silence permet de réapprendre l'écoute", a-t-il dit, ajoutant qu'il fallait être "à l'avant-garde, monter au front, oser, risquer, trébucher, se redresser, avancer".

Il a également affirmé qu'il déposerait "dès la semaine "prochaine" les deux projets de loi qu'il a préparés pour "demander la transparence de tous les partis politiques". Des annonces qu'il avait faites lors des prémices de l'affaire Bygmalion.

A la fin de son discours, Jean-François Copé a raconté "une très jolie histoire qui unit deux grands amis, Boileau et Molière. Molière était un homme de tous les combats, de toutes les audaces, de tous les courages. Sa pièce Tartuffe lui valut de terribles querelles, il eut alors un coup de déprime. Le jour de son anniversaire, son ami Boileau lui écrivit un poème commençant par ces mots: "laisse gronder les envieux...". "Ce poème, je vous l'offre", a-t-il dit au public qui redoublait ses applaudissements.

S.A. avec AFP