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Les départements franciliens s’opposent à leur suppression et à un Grand Paris "riquiqui"

Les départements de la petite couronne pourraient être supprimés.

Les départements de la petite couronne pourraient être supprimés. - Jacques Demarthon - AFP

Défendant une métropole du Grand Paris à l'échelle régionale, les présidents des départements d'Ile-de-France ont réitéré ce jeudi leur opposition à la suppression des départements de la petite couronne et à une métropole qui exclut les autres territoires.

Quel avenir pour la métropole du Grand Paris? C'est sur cette question qu'Emmanuel Macron doit trancher en février, alors que le président de la République a fait part de sa volonté de s'appuyer davantage sur les métropoles et de simplifier les territoires. Mais à quelques semaines de son arbitrage, le projet qui serait en passe d'être retenu fait l'unanimité contre lui au sein des départements de la région.

D'après des informations du journal Le Monde le mois dernier, le scénario à l'étude, défendu par le préfet d'Ile-de-France Michel Cadot conduirait à la suppression des trois départements de la petite couronne: les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Les compétences de ces départements seraient transférés aux Etablissements publics territoriaux (EPT) créés en 2016. En clair, les décisions relatives aux collèges par exemple ne relèveraient plus de ces trois départements mais des onze EPT.

Un nouveau millefeuille administratif

A l'occasion d'une conférence de presse ce jeudi, les sept présidents des départements d'Ile-de-France ont tenu à marquer leur désaccord sur ce plan. Les élus des départements concernés par une éventuelle suppression s'indignent d'abord du découpage du territoire qui s'apparente selon eux à un nouveau mille-feuille administratif.

"Nous ne voyons pas en quoi découper en 11 des compétences que nous assumons va rendre le système plus lisible et plus efficace. Est-ce qu'on va recréer 11 directions des collèges, de l'action sociale, de l'aide sociale à l'enfance, là où il y en a trois?", s'interroge dans Le Figaro Stéphane Troussel, président PS de la Seine-Saint-Denis.

"Il faudra dix ans avant que ces nouvelles administrations soient opérationnelles", soutient de la même façon Patrick Devedjian, président LR des Hauts-de-Seine. 

"Le Grand Paris n'aura-t-il de grand que le nom?"

Plus encore que la suppression des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, les élus Franciliens réclament un élargissement du périmètre de la métropole. Aujourd'hui, les départements de la grande couronne en sont exclus. "Le Grand Paris n'aura-t-il de grand que le nom?", s'interrogent-ils dans un message publié ce jeudi dans plusieurs titres de presse. "Nous ne voulons pas d'un Grand Paris 'riquiqui'", ajoutent-ils encore.

Pour eux, une métropole qui se résume à Paris et la petite couronne n'a pas de sens. "Le risque du scénario Cadot est de creuser l'écart entre Paris et la banlieue", déplore Christian Favier, président PCF du Val-de-Marne comparant le plan du préfet à une "métropole Donut", centrée sur Paris et excluant les autres territoires. 

Pouvoir rivaliser avec Londres

"Si on fait une métropole, c'est pour qu'elle soit utile à quelque chose. Une métropole qui aurait pour seule limite la petite couronne ne serait pas au niveau de la métropole londonienne", défend Patrick Devedjian.

Les sept présidents de départements souhaitent que la métropole soit définie à l'échelle régionale. Ils ont reçu le soutien de Gérard Larcher, président du Sénat et de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Cette dernière pourrait alors voir sa position renforcée.

Les élus ont prévu de défendre leur vision de la métropole lors d'un rassemblement qui aura lieu le 31 janvier à la Seine Musicale. 

Carole Blanchard