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Lebranchu : « Dati est dans l'hyper show-business »

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L'ancienne Garde des Sceaux Marylise Lebranchu dresse un portrait acerbe de Rachida Dati, à qui elle reproche de nombreuses « erreurs de style ».

Marylise Lebranchu, député socialiste du Finistère et ancienne garde des Sceaux, porte un regard critique sur Rachida Dati, qui exerce cette fonction depuis juin 2007, non sans difficultés : « elle a des lois extrêmement difficiles à faire et je pense que cela ne correspond pas toujours à ce qu'elle veut. Et au lieu de discuter de tout ça, elle a pris le même style que Sarkozy, c'est-à-dire qu'elle tape sur la table : "je veux, j'exige"... ça ne peut pas marcher. Il y a une autorité judiciaire qui est indépendante, et tout d'un coup, on ne sait plus où est la ligne jaune. »

« L'hyper show-business de Dati ne va pas avec sa fonction »

Visiblement embêtée quand on lui demande si Rachida Dati est un bon ministre, elle répond : « je pense qu'elle aurait pu être une bonne garde des Sceaux, mais elle a fait une erreur de style. Quand on est la ministre de la Justice, malheureusement on est la ministre du malheur des autres. Et "l'hyper-showbusiness" entretenu autour d'elle - première page des magazines, robes qui coûtent un an de salaire d'un surveillant pénitentiaire..., ça ne peut pas fonctionner. Il y a quelque chose qui ne va pas entre le personnage qu'elle a créé et la fonction de ministre de la Justice. »

« Sarkozy humilie et étouffe ses ministres »

Et lorsqu'on lui demande si elle aimerait être ministre de Nicolas Sarkozy, Marylise Lebranchu n'a aucune hésitation : « Ah, non !, s'exclame-t-elle, avant de s'expliquer. Parce que d'abord je ne sais jamais lire sa ligne politique, même si je la trouve très conservatrice. Et je pense qu'il est assez humiliant avec ses ministres. Regardez le service minimum à l'école en cas de grève : Sarkozy exige. Darcos fait. C'est difficile, certes. On explique que ce n'est pas applicable. Il exige, il fait. Et l'association des maires de France se plaint, siffle un peu, et Sarkozy dit "tout compte fait, on ne le fait plus pour les communes rurales". C'est humiliant, parce qu'il a passé sa vie à expliquer que tout le monde pouvait réussir, et tout à coup il change d'avis, et le ministre est obligé de s'exécuter. Je trouve qu'ils sont assez humiliés, y compris le Premier ministre, dont je ne vois pas bien le rôle. On a un Président de la République qui est étouffant, pratiquement chef des préfets, directement. »

La rédaction-Bourdin & Co