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Le soutien à Alliot-Marie s'étiole au sein de la majorité

Plusieurs dirigeants de la majorité ont soutenu jeudi du bout des lèvres Michèle Alliot-Marie, de plus en plus contestée à son poste de ministre des Affaires étrangères après la polémique provoquée par son séjour en Tunisie. /Photo prise le 18 février 201

Plusieurs dirigeants de la majorité ont soutenu jeudi du bout des lèvres Michèle Alliot-Marie, de plus en plus contestée à son poste de ministre des Affaires étrangères après la polémique provoquée par son séjour en Tunisie. /Photo prise le 18 février 201 - -

PARIS (Reuters) - Plusieurs dirigeants de la majorité ont soutenu jeudi du bout des lèvres Michèle Alliot-Marie, de plus en plus contestée à son...

PARIS (Reuters) - Plusieurs dirigeants de la majorité ont soutenu jeudi du bout des lèvres Michèle Alliot-Marie, de plus en plus contestée à son poste de ministre des Affaires étrangères.

Son compagnon, le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Ollier, assure qu'elle a toujours la confiance de Nicolas Sarkozy mais des voix s'élèvent désormais dans la majorité pour réclamer son départ, craignant un retour de bâton lors des élections cantonales de mars, voire lors de la présidentielle.

Le ministre de la Défense, Alain Juppé, dont le nom est régulièrement cité pour remplacer Michèle Alliot-Marie au Quai d'Orsay, a estimé qu'il appartenait au chef de l'Etat de tirer les conséquences des difficultés actuelles du chef de la diplomatie.

"J'ai dit moi-même qu'elle avait commis des maladresses - qui n'en commet pas aujourd'hui ?", a-t-il déclaré sur France Inter.

"Il appartient aux autorités compétentes de l'Etat d'en tirer les conséquences si elles le souhaitent".

Même analyse pour le président du Sénat, Gérard Larcher. "L'intérêt de la France à un moment crucial, c'est au président de la République et au Premier ministre de le définir", a-t-il expliqué sur Radio Classique et i-Télé.

La ministre des Affaires étrangères est fragilisée depuis plusieurs semaines pour ses déclarations sur la Tunisie, suivies d'un flot de révélations sur ses vacances dans un pays alors en ébullition contre le régime de Zine ben Ali.

La gauche réclame la démission de Michèle Alliot-Marie, qui a utilisé par deux fois le jet privé d'un homme d'affaires proche du président déchu pendant les émeutes et dont les parents ont acheté au même Aziz Miled des parts d'une société immobilière en Tunisie.

UNE ERREUR D'APPRÉCIATION COLLECTIVE SELON LE MAIRE

Mardi, pour la première visite officielle française en Tunisie depuis la chute de Zine ben Ali, la délégation était conduite par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, dont le nom avait circulé pour le Quai d'Orsay lors du remaniement de novembre, et par le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez.

Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a assuré mercredi que la question de la démission de Michèle Alliot-Marie ne se posait pas mais des élus de droite estiment que ses heures sont désormais comptées.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a augmenté la pression en réclamant cette semaine une "relance politique" à Nicolas Sarkozy après les cantonales. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a plaidé pour sa part en faveur de "l'apaisement", sans plus de précision.

Interrogé par Mediapart, le premier vice-président de l'Assemblée nationale, Marc Laffineur, juge que le chef de l'Etat devra "prendre des initiatives importantes pour pouvoir recoller les morceaux", sans réclamer formellement le départ de Michèle Alliot-Marie.

Bruno Le Maire, également cité comme éventuel remplaçant au Quai d'Orsay, a semblé jeudi prendre la défense de la ministre des Affaires étrangères.

Sur France Info, le ministre de l'Agriculture a évoqué une erreur collective d'appréciation sur le régime Ben Ali ou sur le président égyptien Hosni Moubarak, lui aussi chassé du pouvoir par la rue.

Donner "trop d'importance aux régimes et pas assez aux peuples (...) c'est une erreur que nous avons commise tous", a-t-il dit, assurant ne pas penser au ministère des Affaires étrangères.

"J'ai beaucoup d'avenir au ministère de l'Agriculture, des responsabilités lourdes vis-à-vis des paysans français", a-t-il déclaré.

Laure Bretton, édité par Patrick Vignal