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Le RN convoqué au tribunal de Nanterre après une assignation en liquidation judiciaire

Le Rassemblement National.

Le Rassemblement National. - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Lourdement endetté, le parti avait été assigné en justice par un ancien salarié, qui s'est depuis désisté. Le RN est malgré tout convoqué ce vendredi à une audience.

Le Rassemblement national (RN) est convoqué au tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) ce vendredi matin pour une audience. Le parti avait été assigné en liquidation judiciaire l'hiver dernier par un ancien salarié.

Le contentieux entre les deux parties remonte au mois d'avril 2018. À cette époque, le parti décide de saisir le conseil des prud'hommes de Paris après qu'un ancien salarié, Mickaël Ehrminger, employé en CDD pendant la campagne présidentielle, a accordé des entretiens à la presse. Le RN fait valoir la violation d'une clause de confidentialité.

In fine, l'ex-FN est condamné à payer quelque 23.000 euros d'indemnités à son ancien employé. Ce dont il s'acquittera en partie dans un premier temps. Mais au début de l'année 2020, reste encore à payer une somme autour de 15.000 euros.

Désistement du plaignant après le paiement

Mickaël Ehrminger assigne alors en justice son ancien employeur en liquidation judiciaire afin d'obtenir le paiement du reliquat des indemnités. Ce dont le Rassemblement national s'est ensuite acquitté. L'audience, qui devait initialement se tenir durant le confinement, est quant à elle renvoyée au 3 juillet.

"Suite à mon désistement d’instance et d’action, nous avons fait le choix mon contradicteur et moi-même de ne pas se déplacer à l’audience du 3 juillet dernier", explique Me Noémie Le Bouard, avocate de l'ancien salarié du RN.

La justice décide ce jour-là de convoquer malgré toutes les parties à une audience ultérieure afin d'examiner "la situation financière du parti" et vérifier qu'il "ne se trouve pas en cessation de paiements", d'après la convocation à l'audience de ce vendredi, citée par Challenges, qui avait révélé ce renvoi en juillet.

Assignation inédite

Auprès de BFMTV.com, Noémie Le Bouard ne cache pas son étonnement et indique n'avoir encore "jamais rencontré cette situation. (...) Le Rassemblement national va devoir justifier son absence d'état de cessation de paiement".

D'après l'avocate au barreau de Versailles, "aucun parti politique notoire n'a jamais été assigné en liquidation judiciaire".

Wallerand de Saint-Just, trésorier du Rassemblement national, sera présent à l'audience devant la Chambre des procédures collectives. S'il se dit "serein" à la veille de cette convocation, il indique avoir eu "l'extrême surprise" de voir l'audience renvoyée malgré le désistement du plaignant. "On sera prêts à répondre à toute question", a-t-il ajouté auprès de BFMTV.com.

Difficultés financières

Toujours d'après Challenges, fin 2018, le montant total des dettes du parti d'extrême droite s'élevait à 24,4 millions d'euros. En 2014, il avait dû souscrire un emprunt de 9 millions d'euros auprès d'une banque russe, prêt qui a été rééchelonné en juin dernier.

Au début de l'année, le RN avait lancé une souscription dénommée le "Grand emprunt national", visant à permettre à des particuliers de prêter de l'argent au parti. Sur le plan financier, le RN semble tirer davantage dans le rouge que le bleu Marine.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV