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Le retour médiatique de Nicolas Sarkozy ne convainc pas l'opinion

Nicolas Sarkozy, le 13 février 2016.

Nicolas Sarkozy, le 13 février 2016. - Lionel Bonaventure - AFP

Un sondage Odoxa pour BFMTV, Le Parisien et Aujourd'hui en France montre que l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy est une réussite médiatique. Mais que les Français se montrent pour le moins sceptiques.

L’exposition médiatique n’est pas gage de succès. En dehors des chiffres des intentions de vote à la prochaine primaire de la droite et du centre, il s’agit là d’un des principaux enseignements du sondage réalisé par l’institut Odoxa et Dentsu Consulting pour BFMTV, Le Parisien et Aujourd’hui en France.

Un électorat, mais deux mondes

Ce document montre que l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy est une réussite médiatique incontestable. Il est extrêmement présent dans la presse comme sur les réseaux sociaux. Sur la toile, il éclipse d’ailleurs largement Alain Juppé, son grand rival dans la course à la désignation comme candidat principal de l’opposition. Entre fin juillet et fin août 2016, Nicolas Sarkozy a été mentionné plus de 650.000 fois sur Twitter, contre 76.000 fois pour Alain Juppé sur le même réseau social. 

Mais de là à aller le chercher dans les urnes, il y a un pas que l’ancien président de la République est encore loin de franchir, note Gaël Slimane, président d’Odoxa: "En termes de perceptions politiques, deux mondes – au moins – cohabitent donc bien, sans toujours s’interpénétrer : Celui de la visibilité et celui de l’opinion."

Nicolas Sarkozy largement distancé dans l'opinion au premier comme au second tour...

En effet, l’issue du combat pour la conquête de l’opinion n’a rien d’évident pour Nicolas Sarkozy. 66% des personnes interrogées estiment qu’il a raté son entrée en campagne. 

Les projections de vote pour le premier tour de la primaire tirées de l’enquête Odoxa placent Nicolas Sarkozy en deuxième position avec 24% (-2% par rapport au précédent baromètre), largement battu par Alain Juppé caracolant en tête avec 38% (et qui reste stable). Bruno Le Maire est, quant à lui, en troisième position avec 15%, cinq points devant François Fillon. Au second tour, bénéficiant d’un excellent report de voix en provenance des autres candidats, Alain Juppé s’imposerait avec 63% des suffrages contre 37%.

Il ne faut pourtant pas enterrer l’ancien chef de l’Etat. Car, si cette primaire est un scrutin ouvert, sans obligation aucune d’être encarté dans un quelconque parti, les personnes les plus susceptibles de voter sont bien entendu les sympathisants de la droite et du centre.

...mais au coude-à-coude avec Alain Juppé pour les sympathisants de droite

Or, de ce côté-ci, les choses vont mieux pour Nicolas Sarkozy. Même s’il perd un point dans les intentions de vote auprès de cet électorat en vue du premier tour, il est toujours à égalité avec le maire de Bordeaux (qui gagne 1% par rapport à l'enquête précédente) à 33%. Bruno Le Maire est encore le troisième homme, avec 19% des suffrages projetés. Le second tour tournerait tout de même à l’avantage d’Alain Juppé: en prenant en compte les seules intentions de l’électorat de droite, il l’emporterait avec 53% des voix contre 47% pour Nicolas Sarkozy.

Cette dichotomie se retrouve aussi dans le volet du sondage portant sur la perception des qualités du candidat. Pour l’ensemble du panel, c’est Alain Juppé qui fait les "meilleures propositions pour le pays" (41%), tandis que Bruno Le maire apparaît comme "le plus moderne" parmi les candidats (42%) et que Nicolas Sarkozy a "le plus envie d’être président" (70%). Mais les sympathisants de droite délivrent une autre opinion des mêmes sujets. Pour eux par exemple, c’est Nicolas Sarkozy qui "fait les meilleures propositions" (44%). Le suspense ne prendra sans doute fin que le 27 novembre prochain, au soir du second tour de la primaire.

« La notice de ce sondage peut être consultée à la Commission des Sondages.
La première diffusion de ce sondage a été effectuée sur le site Internet d’Odoxa (www.odoxa.fr) et comporte toutes les précisions demandées par la loi. »

Ce sondage a été constitué à partir de quatre enquêtes effectuées entre le 1er et le 22 juillet, impliquant 5053 personnes de plus de dix-huit ans représentatives de la population française, puis sur une dernière investigation conduite les 25 et 26 août, cette fois-ci auprès de 995 personnes de plus de dix-huit ans représentatives de la population française.

Robin Verner