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Le « printemps des cons » de Copé hérisse la gauche

Jean-François Copé, lundi soir

Jean-François Copé, lundi soir - -

L'appel de Jean-François Copé à un « printemps des cons » en France, un an après l'élection de François Hollande, suscite l'indignation de la gauche, qui dénonce une dérive « populiste » du président de l'UMP, chantre d'une « droite décomplexée ».

Pour marquer « l'échec » de la première année d'exercice du président socialiste, Jean-François Copé s'en est pris à la « véritable imposture » que constitue à ses yeux la présidence Hollande lors d'un meeting lundi soir à Nîmes.

« Les cons, c'est nous, c'est vous »

« Que François Hollande et sa République des camarades prennent bien garde ! Car je le prédis, il y aura bientôt un 'Printemps des cons' », a déclaré le président de l'UMP en référence à l'affaire du "Mur des cons" du Syndicat de la magistrature. Un panneau parsemé de photos de personnalités, essentiellement de droite, a été récemment découvert dans les locaux parisiens de ce syndicat classé à gauche. « Les cons, c'est nous, c'est vous, ce sont les justiciables, ce sont les victimes, c'est le peuple français, c'est tous ceux qui ne pensent pas comme eux », a lancé Jean-François Copé.

Le Foll « le renvoie à sa vulgarité »

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, a estimé mardi sur RTL que le dirigeant de l'UMP « avait beaucoup de choses et beaucoup de chemin à faire » avant d'aspirer à diriger le pays. « Moi je le renvoie à sa vulgarité », a-t-il commenté. Michel Sapin, autre "hollandais" du gouvernement, a prédit pour sa part « un avenir noir » à Jean-François Copé. « Parce qu'à vouloir utiliser les pires mots du populisme, à vouloir donner dans la grossièreté et dans la vulgarité, il n'ira pas loin ce M. Copé », a jugé le ministre du Travail sur Europe 1. Pour Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, « l'outrance langagière est devenue un petit peu le fonds de commerce de M. Copé ». « Je crois que les Français ont besoin aussi d'avoir une opposition constructive », a-t-elle dit sur BFM TV.

Désir : « Il abaisse le débat politique »

Harlem Désir, qui avait dénoncé dès lundi soir les « faux procès en illégitimité » d'une droite « aigrie par la perte du pouvoir », a accusé mardi Jean-François Copé d'« insulter » les Français. « Il abaisse le débat politique. C'est un mépris vis-à-vis des choix démocratiques qui ont été faits par les Français le 6 mai. Je luis demande de cesser cette vulgarité », a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste sur RMC et BFM TV.

J.V. avec Reuters