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Le Maire sur Juppé hué à Bordeaux: "Ça n'aurait pas dû se produire, c'est tout"

Bruno Le Maire, député de l'Eure et candidat à la présidence de l'UMP.

Bruno Le Maire, député de l'Eure et candidat à la présidence de l'UMP. - BFMTV

Candidat à la présidence de l'UMP, Bruno Le Maire était l'invité de BFM Politique ce dimanche. Cette figure montante du parti est notamment revenue sur l'épisode de samedi, à Bordeaux, au cours duquel Alain Juppé s'est fait siffler par des militants alors qu'il intervenait à un meeting de Nicolas Sarkozy.

"Je regrette que dans une réunion publique de l'UMP on puisse siffler un candidat de l'UMP", déclare Bruno Le Maire à propos des huées qu'a dû essuyer Alain Juppé samedi, lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy, dans sa ville de Bordeaux. "Je ne voudrais pas qu'on gâche cette fin de campagne", continue celui qui brigue le présidence de l'UMP "de manière sereine et responsable, idée contre idée, projet contre projet".

Quant à savoir si Nicolas Sarkozy aurait dû intervenir pour mettre fin au mouvement d'humeur de certains militants, Bruno Le Maire élude. "Ça n'aurait pas dû se produire, c'est tout. Je ne suis pas là pour distribuer les bons points et les mauvais points", tranche-t-il.

"Totalement opposé à une fusion UMP-UDI"

Le député de l'Eure recentre immédiatement son discours sur les militants UMP qui sont à ses yeux "la seule chose qui compte". Il plaide pour un "projet de droite républicaine", autrement dit "une vraie politique de droite".

A ce titre le candidat à la présidence de l'UMP se dit "totalement opposé à une fusion de l'UMP et de l'UDI". Il rappelle qu'il "a fait 90 déplacements" à la rencontre des militants à travers toute la France et souligne qu'il est "bien accueilli" partout où il se rend. Le reproche formulé par les militants UMP tient, selon lui, en cette question: "Quand est-ce que vous allez faire une vraie politique de droite?"

Pour Bruno Le Maire, ce resserrement à droite pleinement assumé est aussi un rempart contre "un Front national qui nous mange la laine sur le dos".

"La garantie d'éviter la guerre des chefs"

Pour "remettre l'UMP", dont il n'entend d'ailleurs pas changer le nom contrairement à Nicolas Sarkozy, "en ordre de marche", Bruno Le Maire pose comme impératif, d'"éviter la guerre des chefs", ce qu'il affirme pouvoir garantir. Il déplore ce "spectacle médiatique" et propose aux militants de "prendre un chef qui garantit des primaires ouvertes en 2016". "Je pense être le mieux à même de rassembler les militants, (...) je pense que je vais être élu président de l'UMP, je pense que les jeux sont totalement ouverts", assène-t-il. Il estime aussi qu'il existe "une incompatibilité" entre le fait d'être président du parti et de candidater aux primaires pour l'élection présidentielle. 

Mais s'il perd contre Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire assure qu'il "passera à autre chose". "Je n'ai pas du tout un caractère de pinailleur", confie-t-il.

"La trahison de François Hollande"

François Hollande "a trahi ses électeurs et a menti à tous les Français" juge Bruno Le Maire visiblement très agacé par le "cynisme" du pouvoir socialiste. "François Mitterrand avait écrit un ouvrage sur le Général de Gaulle, qui s'intitulait Le coup d'Etat permanent, avec François Hollande, on pourrait écrire le même ouvrage qui s'appellerait Le mensonge permanent."

Evoquant l'affaire Kader Arif, le député estime que la République exemplaire voulue par François Hollande est "aujourd'hui en lambeaux". Mensonges encore, selon lui, "sur la courbe du chômage qui devait s'inverser et qui augmente", "sur les impôts qui devaient être stabilisés alors qu'on aura encore des augmentations", "sur Florange et sa promesse de redressement industriel", "sur l'Education où il ne se passe absolument plus rien et où madame Najat Vallaud Belkacem se contente de mettre des gommettes bleues, vertes ou rouges pour rénover l'Education nationale". "Il a menti sur tout", conclut-il, appuyant sur "le ras de bol des Français".

Parlant "d'amateurisme généralisé au plus haut de l'Etat" à propos des affaires Thévenoud et Arif, Bruno Le Maire juge "terrible qu'avec François Hollande, rien n'est grave, rien n'a d'importance". "Son secrétaire général (Jean-Pierre Jouyet, ndlr) ment au Français, donne une version d'un déjeuner puis une autre, ce n'est pas grave, ça n'a pas d'importance", ironise-t-il.

Sur le livre de Valérie Trierweiler et les récentes sorties médiatiques de l'ex-compagne de François Hollande dans les médias britanniques qui replacent l'ouvrage sur le devant de la scène, Bruno Le Maire se défend de "juger la vie privée des gens", mais "trouve désolant que nous ayons cette image de la France à l'étranger".

David Namias avec Apolline de Malherbe