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Le Maire ne participera pas à la direction de l'UMP s'il est vaincu

Le candidat à la présidence de l'UMP, député et ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire

Le candidat à la présidence de l'UMP, député et ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Le député UMP Bruno Le Maire ne s'avoue pas vaincu par Nicolas Sarkozy à trois jours du vote des adhérents UMP. Dans un entretien au Monde, il prend même ses distances avec l'ancien chef de l'Etat et ne cache pas d'éventuelles ambitions présidentielles.

Bruno Le Maire est le principal adversaire de Nicolas Sarkozy dans la course à la présidence de l'UMP. Mais alors que l'ancien chef de l'Etat assure que s'il est élu, il oeuvrera au rassemblement de sa famille politique dans une direction collégiale, l'ancien ministre de l'Agriculture répond, que "s'il est vaincu, il n'en fera pas partie". 

Dans une interview au Monde datée de jeudi, le député UMP assure ainsi qu'il n'est "pas à la recherche d'une place, d'une fonction ou d'un titre".

Baroud d'honneur ou pression sur le (probable) futur président de son camp, Bruno Le Maire assume ses divergences avec Nicolas Sarkozy qui envisage notamment de changer le nom du parti au tout début de l'année 2015.

Refus d'être "l'anti-Sarko"

Hostile à une transformation totale du mouvement que projette l'ancien président de la République, l'élu normand tranche: "je refuse catégoriquement que nous passions encore six mois à choisir un nouveau nom pour notre mouvement et à adopter de nouveaux statuts. Nous avons déjà perdu deux ans à cause des scandales financiers, des affrontements de personnes ou des querelles internes. Cela suffit!"

Mais Bruno Le Maire refuse aussi d'être catalogué comme "l'anti-Sarko": "Je porte le renouveau. Je refuse de parier sur les difficultés de la gauche, je parie sur la capacité de la droite à se réinventer, argumente-t-il dans les colonnes du Monde. Nous ne devons pas gagner par défaut, mais par la force de notre projet".

"J'ai gagné ma liberté"

Bruno Le Maire a participé à plus de 100 meetings ces derniers mois à la rencontre des militants. "Avec cette campagne, j'ai gagné ma liberté" et l'élu entend la "garder totale et utile" pour ceux qui l'ont soutenu. Il peut aussi s'appuyer sur un récent sondage qui montre que les Français jugent sa campagne comme la meilleure des trois candidats présents sur la ligne de départ. Par contre, chez les sympathisants UMP comme de droite, il est devancé par Nicolas Sarkozy. Le troisième homme Hervé Mariton étant distancé largement dans chaque cas de figure.

Mais dans l'opinion, à l'échelle nationale, Bruno Le Maire a pris date. Est-il ambitieux jusqu'à envisager une candidature à la primaire à droite de 2016, qu'il appelle "à préparer le plus vite possible"? "Vous ne pouvez pas priver le président de l’UMP de toute ambition nationale! Sinon, vous en faites un président faible".

Et à trois jours du vote des militants UMP, Bruno Le Maire est loin de s'avouer vaincu. "La victoire est à portée de la main", assure-t-il. "Tout est ouvert", croit-il alors que la non-divulgation du fichier des adhérents UMP laisse les sondeurs dans le "brouillard". 

S.A.