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Le maire de Colombes compare les forces de l'ordre à la police de Vichy, Darmanin menace de porter plainte

Dans un discours datant du 20 juillet, le maire de Colombes compare la persécution des Juifs par les policiers sous le régime de Vichy, aux forces de l'ordre qui aujourd'hui "traquent les migrants".

Lors d'un discours pour la commémoration du 78e anniversaire de la rafle du Vélodrome d'hiver, tenu lundi 20 juillet, le maire EELV de Colombes (Hauts-de-Seine) Patrick Chaimovitch, a comparé les forces de l'ordre actuelles avec celles ayant participé à cette rafle de 1942. Le ministre de l'Intérieur a menacé, dans la nuit de dimanche à lundi, de porter plainte contre l'élu si ces propos étaient confirmés.

"Les policiers français, les gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en oeuvre la rafle du Vel d'Hiv, et d'autres rafles encore après et ailleurs, sont les ancêtres de ceux qui aujourd'hui, avec le même zèle, traquent les migrants, les sans-papiers, les déboutés des droits humains", entend-on Patrick Chaimovitch déclarer dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Darmanin envisage de porter plainte

Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin a réagi près d'une semaine après ces déclarations dans la nuit de dimanche à lundi, assurant qu'il était prêt à porter plainte contre l'élu si ces "propos scandaleux et insupportables envers la police et la gendarmerie de la République sont confirmés ".

"Ça nous choque de tels propos, c’est purement honteux et scandaleux", déclare ce lundi sur BFMTV Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police. Pour lui, les propos tenus à Colombes ne font "qu’alimenter cette haine anti-flics qui fait que quotidiennement nous sommes invectivés, insultés, violentés, agressés et tout ça ce n’est pas acceptable".

Selon Denis Jacob, "il ne faut pas envisager" de déposer plainte, "il faut le faire". "Nous avons besoin de réaffirmer l’autorité de l’Etat, et cette réaffirmation elle s’impose à tous y compris aux élus", déclare le représentant syndical.

"J'ai tenu à faire le lien"

Dès le 20 juillet, le maire de Colombes avait fait suivre ces propos à l'oral d'un tweet reprenant le même argumentaire. Pour lui, la commémoration du 20 juillet a été un "moment émouvant au cours duquel j'ai tenu à faire le lien entre la rafle du vel d'hiv et d'une part tous les génocides avant et après le nazisme; d'autre part les migrants pourchassés partout en Europe parce qu'ils sont différents".

Selon le maire, Colombes devrait accueillir, à la demande de l'Etat, une soixantaine de migrants dans sa commune, "dans les prochains jours".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV