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Le gouvernement français promet son aide pour les vignes OGM

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COLMAR, Haut-Rhin (Reuters) - Le gouvernement français a promis mardi son soutien financier pour la relance de la recherche sur la vigne transgénique...

COLMAR, Haut-Rhin (Reuters) - Le gouvernement français a promis mardi son soutien financier pour la relance de la recherche sur la vigne transgénique à l'Institut national de la recherche agronomique de Colmar (Inra), qui a été victime du saccage de 70 pieds le 15 août par des militants anti-OGM.

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire et sa collègue chargée de la Recherche, Valérie Pécresse ont salué à Colmar (Haut-Rhin) "l'exemplarité" des travaux menés depuis sept ans par les chercheurs sur la maladie du court-noué.

"Nous mettrons à la disposition de l'Inra les moyens financiers nécessaires pour qu'il puisse relancer sa recherche sur la vigne transgénique et sur les remèdes à la maladie du court-noué", a déclaré Bruno Le Maire à la presse.

Valérie Pécresse a estimé que la France avait un "devoir de recherche" dans ce domaine qui suscite les passions.

"Nous importons des OGM. Nous consommons des OGM. Si la France renonce à son devoir de recherche, nous consommerons des OGM dont nous ne connaîtrons pas l'impact sur l'environnement ni l'impact sur la santé, a-t-elle déclaré.

Elle a dit craindre que les chercheurs français arrêtent leurs recherches sur les OGM et se laissent débaucher par des laboratoires étrangers où ils feront breveter leurs découvertes.

Les deux ministres ont insisté sur le fait que l'essai réalisé en plein champ ne présentait aucun risque de dissémination dans l'environnement : la terre était isolée par une bâche installée dans le sol, les porte-greffes, seuls organismes transgéniques, ne produisaient pas de fleurs et les inflorescences du greffon étaient éliminées avant la floraison.

"FAUCHEURS VOLONTAIRES"

Une vingtaine de militants des Verts ou de la Confédération paysanne ont manifesté leur opposition aux OGM à l'entrée de l'institut de recherche.

Une soixantaine de "faucheurs volontaires" venus de toute la France avaient traversé le 15 août au petit matin les grillages et les barbelés entourant la parcelle consacrée au court-noué pour déterrer les 70 pieds de vignes transgéniques.

Ils ont été interpellés et une enquête est toujours en cours au parquet de Colmar pour déterminer la responsabilité de chacun et la qualification juridique de leurs actes, a indiqué à Reuters le procureur de la République.

L'opération a eu lieu presqu'un an après le saccage de ces mêmes vignes par Pierre Azelvandre, un biologiste anti-OGM qui n'avait à l'époque coupé que les greffons non OGM, ce qui avait permis une reprise relativement rapide de l'essai.

Il a été condamné à 2.000 euros d'amende et à verser un euro de dommages et intérêt à l'Inra mais doit encore comparaître devant la cour d'appel.

Lancée en 2005, la recherche sur le court-noué, un virus transmis par un ver qui affecterait 60% des vignes françaises, a été précédée par la mise en place d'un comité de concertation qui a pu faire évoluer sensiblement le protocole de recherche.

Cette démarche, qualifiée de "démocratie scientifique participative" par le président de l'Inra Colmar, Jean Masson, a été saluée localement par certains membres des Verts et de la Confédération paysanne qui y étaient associés.

"Je souhaite qu'elle fasse école, qu'elle soit reproduite par les autres organismes de recherche", a dit Valérie Pécresse.

Interrogé sur la reprise des recherches, Jean Masson a estimé que l'élément financier n'était pas le seul en jeu.

"J'ai besoin d'envie, j'ai besoin d'espoir et l'envie et l'espoir, ça se protège", a-t-il souligné tout en revendiquant la nécessité de "rester ouvert".

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse