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Le FN vole l'affiche du 1er mai à des syndicats divisés

Marine Le Pen et Florian Philippot

Marine Le Pen et Florian Philippot - -

La vedette de ce 1er mai 2013 ne devrait pas être un mouvement syndical incapable de se rassembler mais bien Marine Le Pen, qui bénéficie d'une conjoncture favorable et de sondages selon lesquels elle figurerait au second tour d'une présidentielle.

Il y aura deux défilés syndicaux partout en France, la CFDT et l'Unsa ayant refusé de s'associer aux rassemblements organisés par la CGT aux côtés de la FSU et de Solidaires. A l'origine de cette division, qui fait désordre à un moment où les plans sociaux se multiplient, des divergences de vues sur l'accord sur l'emploi, signé par la CFDT, la CFE-CGC et la CFDT mais rejeté par la CGT et FO. Thierry Lepaon et Laurent Berger, les nouveaux visages de la CGT et de la CFDT, ne parleront donc pas d'une seule voix pour leur première journée du 1er mai en qualité de secrétaire général et peuvent craindre que leur incapacité à s'entendre nuise à l'ampleur de la mobilisation de mercredi. Le Front national n'a pas ce genre de problème : sur fond de chômage record et de discrédit porté sur la classe politique par l'affaire Jérôme Cahuzac, la formation de Marine Le Pen s'attire les sympathies de l'opinion, du moins dans les sondages. Si le premier tour de la présidentielle se déroulait dimanche, la présidente du FN se qualifierait pour le second tour, comme son père l'avait fait en 2002, selon un sondage CSA pour BFMTV publié lundi.

« Le FN plus écouté que jamais par les Français »

Le 1er mai, marqué chaque année pour le FN par un rassemblement autour de la statue de Jeanne d'Arc à Paris, arrive donc à point nommé pour la formation d'extrême droite. « C'est un moment important pour le Front parce que c'est probablement le 1er mai où il est au plus haut dans son histoire », a déclaré mardi Florian Philippot, vice-président du FN. « Nous sommes plus entendus, plus écoutés que jamais par les Français ». Pour le cadre du FN, son mouvement est plus légitime auprès des travailleurs que ne le sont les syndicats. « Les sondages l'ont montré, Marine Le Pen arrive en tête chez les salariés et les ouvriers parce qu'ils ont compris qu'avec nos propositions, nous sommes les seuls à même de les sortir de la nasse économique et sociale dans laquelle nous sommes », a-t-il dit.

Mélenchon espère 100 000 personnes

Marine Le Pen n'est pas la seule à tenter de prendre avantage du climat délétère et de la morosité économique. Jean-Luc Mélenchon a ainsi réclamé un « grand coup de balai » en appelant la gauche alternative à manifester dimanche prochain. Pierre Laurent, Eva Joly et Olivier Besancenot participeront à la marche parisienne, pour laquelle le co-président du Parti de gauche dit attendre 100 000 personnes. Jean-Luc Mélenchon, accusé par ses adversaires de souvent brandir les mêmes arguments que Marine Le Pen, entend à cette occasion « lutter contre le cancer qu'est la finance dans l'économie ». « J'espère qu'on fera une démonstration », a-t-il dit lundi sur France Inter. « La droite et le Medef n'ont pas gagné dans ce pays, il y a encore une gauche en France et vous la verrez dans la rue le 5 mai ». En attendant, celui qui fut le candidat du Front de gauche à la présidentielle s'est rappelé la semaine dernière au bon souvenir des médias en proposant ses services pour Matignon, sans parvenir à faire de l'ombre à Marine Le Pen.

Philippot : « Le FN sera en tête aux européennes »

« Jean-Luc Mélenchon ne progresse pas du tout parce qu'il est dans la vocifération et que les Français ne veulent pas des vociférateurs, ils veulent des bâtisseurs », dit Florian Philippot. Le FN se projette déjà sur l'an prochain, avec à l'agenda les élections municipales et surtout européennes, scrutin à la proportionnelle taillé pour lui. « Je pense que nous serons en tête aux européennes, de toutes les listes, faisant de nous la première force politique », estimé Florian Philippot. « 2014 sera de toute évidence une très bonne année pour le Front national, mais une année qui permettra surtout de construire l'après ».

J.V. avec Reuters