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Le FN divisé sur le programme économique de François Fillon

Steeve Briois, Nicolas Bay, Florian Philippot, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard en 2013 lors d'un rassemblement en mémoie de Jeanne d'Arc.

Steeve Briois, Nicolas Bay, Florian Philippot, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard en 2013 lors d'un rassemblement en mémoie de Jeanne d'Arc. - Eric Feferberg - AFP

Il existe en matière d'économie deux courants bien distincts au Front national. Le premier, organisé autour de Florian Philippot, veut ménager un volet social dans le discours du parti, tandis que l'autre, emmené par Marion Maréchal-Le Pen, est très libéral. Ces deux conceptions s'opposent à nouveau après la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre.

La victoire de François Fillon vient de déclencher une querelle entre deux écoles au Front national. Le mouvement de Marine Le Pen se divise autour de l’analyse à tirer de cette victoire inattendue dans la primaire à droite.

Maréchal-Le Pen approuve le libéralisme de Fillon

Quelques jours avant le second tour, Marion Maréchal-Le Pen était revenue, comme le raconte Le Point, sur l’envolée électorale de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, devant l'association des journalistes parlementaires. Assez proche de nombreux points du programme de François Fillon et, comme lui, de sensibilité libérale, elle avait pris grand soin d’écarter la question économique:

"Je ne suis pas convaincue que les questions économiques aient été décisives dans ces primaires."

Les principaux problèmes que pose François Fillon à la petite-fille de Jean-Marie Le Pen sont les suivants. Tout d’abord, le profil plus droitier assumé par le député parisien par rapport à celui d’Alain Juppé, ajoute "une complexité supplémentaire" au combat frontiste contre le candidat de la droite dans le cadre de la présidentielle. Par ailleurs, Marion Maréchal-Le Pen craint qu’il n'applique pas son programme: "Le danger avec Fillon, c'est l'escroquerie électorale. Qu'après celle de 2007, il y ait celle de 2017. Qu'il ne soit pas souverainiste, réformateur, identitaire et libéral." 

Comme le formule Sud-Ouest, l’option défendue par la jeune élue au sein du Front national est de s’adapter en proposant de faire, en quelque sorte, "du Fillon en plus dur encore".

Pour Philippot, Fillon propose un "retour en arrière"

Mais le vice-président du Front national, Florian Philippot, voit les choses tout autrement. Invité de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC et BFMTV, le numéro deux du FN a attaqué le programme économique et social du vainqueur de la primaire de la droite et du centre:

"La mondialisation sauvage a son candidat, qui s'appelle François Fillon. C'est un projet qu'on appelait au Moyen-âge une saignée. Alors, au Moyen-âge, les médecins pensaient que c’était efficace les saignées. On enlevait beaucoup de sang et on croyait que ça allait guérir le malade. La plupart du temps, ça le tuait. François Fillon, c’est cela qu’il propose."

Depuis son intronisation dans les hautes sphères du Front national en 2011, Florian Philippot veut imposer une vision plus sociale et souverainiste à ce mouvement. Il souhaite également que l'électorat de ce dernier progresse parmi les classes moyennes, populaires et les fonctionnaires. Dans cette perspective, il a continué à ferrailler contre les idées de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy: "François FiIlon propose un retour en arrière, et pas un retour en arrière de 10 ou 15 ans mais de 120, 130 ans".

Le suspense ne prendra pas fin avant le mois de février. C’est à ce moment-là que sera présenté le programme du Front national. La bataille idéologique va donc encore durer plusieurs mois.

R.V.