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Le FN, bientôt le premier parti de France

Le parti pris, avec Véronique Jacquier à 8h25 sur RMC.

Le parti pris, avec Véronique Jacquier à 8h25 sur RMC. - -

Mercredi, le Front national défilait à l’occasion du 1er mai, et Marine Le Pen a tenu son traditionnel discours. Le Front national, bientôt le premier parti de France ?

Je prends les paris, le Front national, premier parti de France lors des élections européennes de 2014. C'est un scrutin à la proportionnelle intégrale qui a toujours été favorable aux extrêmes et à l'abstention, et en plus, ce prochain scrutin est particulier. L'UMP est en pleine crise existentielle, le PS qui gouverne affronte à la fois une crise européenne et des divisions internes, quant à Mélenchon, il est à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la majorité et il n'arrive pas à décoller. Marine Le Pen a un boulevard devant elle.

Ce n'est pas parce que la conjoncture est favorable que pour autant le Front National peut faire un carton...

Premièrement, le FN n'a plus d'obstacle devant lui. Deuxièmement, il joue sur le sentiment anti-européen qui submerge tous les pays du vieux continent. Ecoutez les clameurs des manifestations du premier mai en Espagne, en Italie, en Grèce... Souvenez-vous que le référendum de 2005 a échoué. Nicolas Sarkozy l'a fait approuver par un tour de passe par les deux assemblées, et la crise n'était pas encore là ! Mais maintenant, dans la situation actuelle, vous imaginez la réponse du peuple si la question était de nouveau posée ? Les futures élections européennes auront valeur de referendum. L'UMP, le PS et le Centre vont faire une campagne pro-européenne. Seuls Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen vont dire tout le mal qu'il pense de l'euro et de ses conséquences.

Mais les français ne sont pas obligés de voter pour Marine Le Pen, il y a l'abstention...

Bien-sûr. L'abstention risque d'être très importante mais vraisemblablement moins qu'aux dernières élections européennes où elle avait atteint près de 60%. Car maintenant, le Front National se banalise. Mercredi, dans son discours du premier mai, Marine Le Pen a même paraphrasé Jack Lang. En 1981, il disait que la France était passée de l'ombre à la lumière. La présidente du FN a dit que la France était dans la nuit et qu'elle était la lumière de l'espérance. Voilà pour la gauche. Pour la droite, elle a cité le gaulliste Maurice Druon : « L'unité se dissout quand la grandeur s'effondre ». Elle s'est mise au-dessus de tous les partis traditionnels.

Sur le fond, c'était un discours très populiste...

Bien sûr ! La priorité nationale, la charge antisystème, la critique des élites, ces thèmes du FN s'écoutent d'autant mieux que nous sommes en temps de crise. Preuve que la normalisation du parti est en marche, un français sur deux est favorable à l'entrée de Marine le Pen dans un gouvernement d'union nationale. Mais attention, si la patronne du FN est très sure d'elle pour les européennes, rien n'est encore joué pour les municipales. Elle a investi 350 têtes de liste, mais il y a 36 000 communes. Cela dit les socialistes lui ont servi la soupe en imposant le scrutin à la proportionnelle dans les communes de plus de 500 habitants... un cadeau pour celle qui est en train de devenir notre mémé Grillo.

Ecoutez ici le Parti Pris de Véronique Jacquier de ce jeudi 2 mai.

Véronique Jacquier