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Le Drian sur RMC: «'François courage' a osé ce que personne avant lui n’avait osé»

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, appelle Jérôme Cahuzac à ne pas tenter de nouveau mandat électoral.

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, appelle Jérôme Cahuzac à ne pas tenter de nouveau mandat électoral. - -

Invité ce mercredi matin sur RMC et BFMTV, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé prendre les menaces d'Aqmi au sérieux, et appelé à une Europe de la Défense. Refusant de commenter les rumeurs de remaniement, il a toutefois défendu le bilan du président Hollande, « François courage », selon lui.

Invité sur RMC et BFMTV ce mercredi 8 mai, jour de commémoration de la fin de la Seconde guerre mondiale, Jean-Yves Le Drian a dit ne pas souhaiter supprimer cette date historique : « Je pense qu’il faut la maintenir, ce n’est pas contraire à l’esprit de réconciliation. Il faut rappeler les commémorations, les valeurs de la résistance ». Et pas question d’y voir un affront pour l’Allemagne, au contraire, le ministre de la Défense veut avant tout inscrire cette date dans les deux pays : « Il peut y avoir des hauts et des bas dans nos relations avec l’Allemagne, mais c’est le socle de l’Europe ». C’est d’ailleurs avec l’Europe qu’il souhaite construire la Défense de demain : « Je pense que le signe que donne la France en maintenant son niveau d’intervention financière pour sa défense est aussi un signe pour l’Europe, pour dire : "nous sommes déterminés à faire en sorte que l’Europe assure elle-même sa défense". Nous sommes dans la phase où l’Europe de la Défense deviendra une nécessité ».

« Je l’appelle "François courage" »

S’il n’a pas voulu commenter un possible remaniement gouvernemental et les propos du chef de l’Etat affirmant que « personne n’est protégé », le ministre n’a pas manqué de louer le travail de ce dernier : « Je suis très fier de faire partie de ce gouvernement et je suis très fier de ce que fait François Hollande ; moi je l’appelle "François courage", parce qu’il a engagé des réformes que personne avant lui n'avait osé engager : sur la compétitivité des entreprises, sur le redressement financier du pays, sur un dialogue social renouvelé, sur la sécurisation du travail, sur la transparence, au niveau européen, au niveau fiscal… Les fondamentaux du redressement sont en place ». Rappelant qu’« un quinquennat se juge au bout de 5 ans, et non pas à la fin de la première année », Jean-Yves Le Drian insiste : « François Hollande est l’homme de la situation ».

Cahuzac & Mélenchon

Pas question, en revanche, d’imaginer Jean-Luc Mélenchon à Matignon. « Mélenchon nous amène dans une impasse. On ne peut pas faire de la démagogie, dire qu’on ne payera pas ses dettes et demander à être Premier ministre ».
Quant à Jérôme Cahuzac, qui réfléchit à se représenter sans étiquette à la législative partielle de sa circonscription, le ministre de la Défense estime que même s’il « garde un bon souvenir » de la manière dont ils ont travaillé ensemble, « il nous a fait beaucoup souffrir. Je serais à sa place, je renoncerais, je prendrais un autre itinéraire ».

Aqmi et le Mali

Jean-Yves Le Drian a également réagi aux menaces d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui appelle à attaquer les intérêts français : « Toute menace d’Aqmi doit être prise au sérieux, affirme le ministre de la Défense, mais il y a une réalité, c’est que la médiatisation des messages est une arme pour provoquer l’inquiétude. Il faut donc être vigilant, mais ne pas exagérer cette déclaration au moment où Aqmi a été affaibli au Mali ». La sécurité a toutefois été renforcée : « C'est ce que fait Manuel Valls en assurant Vigipirate renforcé en France. C'est ce que nous faisons dans nos ambassades. Laurent Fabius a donné des consignes très précises pour assurer la sécurité de nos ambassades, on a vu que c'était nécessaire après ce qui s'est passé en Libye », où l'ambassade de France à Tripoli a été la cible d'un attentat le 24 avril dernier. Selon Jean-Yves Le Drian, le ministère de la Défense assure pour sa part « une vigilance très précise sur l'ensemble des lieux » où se trouvent les forces françaises.
Sur la situation au Mali, justement, le ministre précise que « nous sommes dans l’après-guerre, une phase de transition, mais la guerre n’est pas finie ». 1 000 soldats français devraient rester sur le terrain pour éviter « le renouveau du terrorisme », et 11 000 soldats dépendants de l’ONU seront déployés. « Il n'y a pas de vide sécuritaire, nous assurerons la sécurité jusqu'à ce qu’elle soit complètement rétablie », a promis le ministre.

Syrie

En Syrie, en revanche, pas d’espoir dans les armes, pense Jean-Yves Le Drian qui affirme « qu’il faut trouver une solution politique. Il n’y aura pas de victoire militaire en Syrie. C’est aussi la responsabilité de la Russie et de la Chine ». Quant à la possible utilisation du gaz sarin par l’une ou l’autre des parties, le ministre dit avoir « des indices », mais « ne pas pouvoir l’assurer ».

Le logiciel Louvoy, de paiement des militaires

Enfin, Jean-Yves Le Drian a réagi aux difficultés de Louvoy, le logiciel de paye de l’armée qui a eu de nombreux ratés, laissant des soldats non payés dans des difficultés financières. « C’est un dispositif de solde mis en place il y a plusieurs mois par mes prédécesseurs, complètement chaotique, absurde, invraisemblable. J’ai pris les mesures nécessaires pour enrayer ce processus inacceptable. Aucun militaire n’a de manque à gagner aujourd’hui, nous avons mis en place un autre dispositif de paiement, et nous réglons les problèmes de fond ».

Mathias Chaillot avec Jean-François Achilli