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Le député Ruffin plaide pour la convergence des luttes

François Ruffin

François Ruffin - Capture BFMTV

François Ruffin souhaite unir les classes populaires, selon lui divisées par le Front national, contre "l'oligarchie".

Droit dans ses bottes: sur notre antenne ce mardi, le député François Ruffin, affilié au groupe France insoumise, a répété sa volonté de faire advenir une "convergence des luttes" sociales. Un message que le réalisateur de Merci Patron! portait déjà au lancement du mouvement Nuit debout, et qui structurera son action de représentant de la nation. 

Dans sa circonscription de la Somme, "les classes populaires sont divisées entre les enfants d'immigrés et les blancs des campagnes, les ouvriers, les prolétaires". 

"Tant qu'il y a ce divorce, cette déchirure, on est condamné à perdre, parce que l'oligarchie est tranquille", explique le fondateur du journal satirique Fakir.

Déplacer le débat

Celui qui souhaite être un "député-reporter" rejette l'idée, défendue par plusieurs représentants du Parti socialiste, de La République en marche et des Républicains, d'une équivalence entre la France insoumise et le Front national, compris comme des "extrêmes" "populistes".

"Ils ne sont pas habitués à perdre, l'oligarchie. Quand on gagne, ils se sentent obligés de salir notre victoire. Qu'est ce qu'on a dit, constamment ? 'Attention, si Whirlpool ferme, ce n'est pas la faute des immigrés', 'Attention, si Goodyear ferme, ce n'est pas la faute des étrangers'. (...) Le Front national produit la division, le déchirement entre les classes populaires."

Aux yeux de François Ruffin, l'enjeu politique est d'abord d'arracher le débat du terrain identitaire cher au FN: "Ce qui faut, c'est que nous, on pose le problème sur le plan économique et social", analyse-t-il, avec la loi Travail en ligne de mire.

"Pas là pour le Smic ou la cravate"

Quant aux anecdotes de la vie politique - savoir s'il se paiera au Smic ou s'il portera une cravate - François Ruffin les évacue à sa manière:

"Je sais pourquoi je suis là. Je suis là parce que samedi dernier je me trouvais à Abbeville, où j'ai croisé la famille d'un ex Goodyear qui risque l'expulsion à la fin du mois de juillet. Je suis là parce que je vois un vigile qui vient sur Paris pour surveiller des concerts et qui termine sa nuit à deux heures matin sur les bancs de la gare du Nord pour reprendre le train le lendemain parce qu'il n'a pas de quoi se payer l'hôtel. Je sais que je suis là pour ces gens-là, et je ne suis pas là pour discuter de Manuel Valls, Jean-Pierre Raffarin, le Smic, la cravate, et ainsi de suite."

Louis Nadau