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Le Congrès du PS programmé en juin entre deux élections à haut risque

Il y a encore beaucoup de zones d'ombre qui entourent le Congrès du PS en juin prochain (Ici celle de Jean-Christophe Cambadélis)

Il y a encore beaucoup de zones d'ombre qui entourent le Congrès du PS en juin prochain (Ici celle de Jean-Christophe Cambadélis) - Patrick Kovarik - AFP

Entre l'aile gauche, les frondeurs, les pro-Valls ou les proches du président de la République, tout le PS a des intérêts à défendre lors du prochain congrès qui se tiendra à la mi-juin. Déjà, les élus de chaque chapelle craignent les élections locales qui encadreront l'événement.

Enfin! Miné par les querelles sur l'orientation politique du gouvernement, le Parti socialiste connaît la date du débat interne et de la mesure des rapports de force en son sein. Le PS va se réunir du 5 au 7 juin 2015, selon le voeu de Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du mouvement, même si un vote, "sans risques", dit-on dans les rangs de la direction, doit encore officialiser la chose. 

Car au PS, les Congrès sont souvent animés: celui de 1990 à Rennes s'était déroulé dans une ambiance détestable entre ceux qui préparait déjà la succession de François Mitterrand, qui s'était lui imposé comme leader de la gauche à Epinay en 1971. Plus proche de nous, Ségolène Royal et Martine s'étaient écharpées, et accusées de fraudes, pour empocher le vote des militants au Congrès de Reims en 2008.

Pour l'édition 2015, de multiples zones d'ombre planent encore sur le grand raout politique de la gauche.

L'aile gauche partisane du "plus tôt"

L'aile gauche du parti, favorable à un congrès de "clarification" permettant aux militants de se prononcer sur la politique menée par l'exécutif, dans la ligne des "frondeurs", avait réclamé la tenue de ce rendez-vous au plus tôt, mais d'autres, y compris dans les sensibilités majoritaires, y étaient aussi favorables.

En effet, lors d'un congrès, les militants élisent leurs instances, nationales et fédérales, et choisissent leur premier secrétaire, à travers des motions. La motion majoritaire donne l'orientation du parti.

Les proches de Hollande voulaient "repousser" en 2016

Mais les ministres proches de François Hollande, mais aussi de nombreux élus craignant une sévère déroute aux départementales de mars 2015 et aux régionales de fin 2015, penchaient, eux, pour un congrès "le plus tard possible", en 2016.

"Annoncer un congrès dès aujourd'hui pour mi-2015, c'est donner le top départ à une cacophonie dont on a déjà démontré la capacité à donner et c'est aller au devant de déconvenues électorales", pestait un cadre du parti, favorable à 2016 et malgré les mise en garde du patron des députés PS Bruno Le Roux.

"Ce n'est pas la bonne date pour ceux qui veulent garder les départements à gauche", poursuit ce cadre. En effet les pronostics pour les élections départementales, puis régionales de 2015 ne sont pas vraiment favorables à la majorité dans la droite ligne des municipales, des européennes puis des sénatoriales. 

Un Congrès, des inconnus

Difficile de dire à ce stade comment les uns et les autres s'organiseront autour de motions, communes ou non. Ces trois derniers mois, l'actualité des socialistes a tourné à la foire d'empoigne, avec pêle-mêle l'éviction de trois ministres contestant la ligne économique de l'exécutif, l'abstention de 39 députés "frondeurs" sur le budget, une critique en règle de la ligne Hollande-Valls par Martine Aubry, ou encore des propositions de Manuel Valls pour créer une "maison commune" des "progressistes", s'ouvrir au centre et "pourquoi pas" changer le nom du Parti socialiste.

Quant à l'aile gauche, scindée en deux sensibilités depuis le dernier congrès (Toulouse 2012), elle doit s'organiser; il faudra voir comment Benoît Hamon et Arnaud Montebourg s'y insèrent ou pas. 

Samuel Auffray avec AFP