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Le baromètre des éditorialistes - "Un gouvernement de 1ers de la classe"

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Le remaniement ministériel a mis à l'honneur des personnalités peu connues du grand public mais expertes dans leur domaine, faisant dire à beaucoup que le nouveau gouvernement est technique, voire technocratique. Pour les éditorialistes de BFMTV, il présente plusieurs avantages pour le président.

Le nouveau gouvernement a été dévoilé mercredi soir, trois jours après les législatives et à l'issue d'une série de démissions. Parmi les nouveaux ministres, de nombreuses personnalités inconnues du grand public mais spécialistes dans leur domaine. Pour les éditorialistes de BFMTV, ce gouvernement technocratique est à l'image d'Emmanuel Macron, qui poursuit sa stratégie de dynamitage du paysage politique.

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> Laurent Neumann: "ce gouvernement est le portrait craché du président"

"Si j’étais un peu taquin je dirais que c’est un gouvernement de premiers de la classe. L’idée, c’est qu’au fond, il ne faut pas s’attacher aux équilibres politiques. Ce qui est important c’est le choix d’avoir pris des ministres qui, dans leur domaine, sont extrêmement compétents. Ils ont un second avantage: ils ne sont pas ou peu connus du grand public. Autrement dit, ils seront jugés non pas sur ce qu’ils ont fait avant, mais sur ce qu’ils feront au gouvernement. Et si par hasard certains d’entre eux ne sont pas satisfaisants, si leurs résultats ne sont pas au rendez-vous, eh bien ce sera un jeu d’enfants de s’en séparer pour les remplacer par d’autres. C’est vrai qu’avec le départ de François Bayrou, il n’y a plus de fortes têtes dans ce gouvernement. Il n’y a plus de personnalité qui ferait de l’ombre au Premier ministre ou au chef de l’Etat. Ces ministres ont un point commun, au-delà de la compétence : ils sont tous 100% macroniens. Ce gouvernement, c’est le portrait craché du président de la République".

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> Christophe Barbier: "Macron continue à dynamiter le paysage politique"

"C’est la stratégie d’Emmanuel Macron qui continue à dynamiter le paysage politique. Il a explosé la gauche de l’intérieur, il était déjà dans cette attitude quand il était ministre, il a fracturé la droite de l’extérieur en prenant un Premier ministre aux Républicains et en travaillant les législatives, jusqu’à l’explosion du groupe Les Républicains mercredi par la création du groupe les constructifs qui va se rapprocher d’Emmanuel Macron. Et maintenant il a dompté le centre avec l’exclusion ou du moins la renégociation avec le MoDem et la sortie de François Bayrou. Aujourd’hui, il continue: il remplace la légitimité partisane, politicienne, par la légitimité de la compétence technique. Attention, ce sont quand même des gens qui ont un peu d’expérience politique, Nicole Belloubet, Florence Parly ont fait des parcours d’élus. Ils ont une expérience d’élus, ce ne sont pas des caïmans, des éléphants.

C’est un choix de laisser les gros calibres faire de la politique politicienne et d’avoir un gouvernement technique, voire technocratique, dédié à la réalisation des projets et au suivi des dossiers. Ces ministres-là, vous les remplacez un peu quand vous voulez. S’il y a un problème dans un domaine, s’il y a une faute dans une administration, un ministre qui dérape, eh bien le fusible saute immédiatement. Mais ça a un corollaire plus inquiétant: du coup, le cabinet présidentiel à l’Elysée devient pléthorique, puissant, il va chapeauter les ministères. Il y aura derrière ou au-dessus des ministres des conseillers du président qui seront un peu ministres à la place des ministres et ça, on sait que c’est toujours un danger, cette ultra-centralisation du pouvoir."
C.V.