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Dissidences aux municipales: pour Ferrand, LaREM est un parti "jeune" où la discipline n'est pas "ancrée"

Invité de BFMTV-RMC, le président de l'Assemblée nationale a donné son point de vue sur les difficultés du mouvement macroniste, dans les villes où des marcheurs s'opposent à l'investiture décidée par les instances parisiennes.

Les vétérans occupent la scène. Après François Bayrou et Édouard Philippe, qui lors du "campus des territoires" de La République en marche, ce weekend à Bordeaux, ont quelque peu sermonné leurs troupes au sujet des élections municipales, c'est au tour de Richard Ferrand d'y aller de sa petite leçon. Invité de BFMTV-RMC ce mardi, le président de l'Assemblée nationale a donné son point de vue sur les dissidences qui se multiplient çà et là au sein de LaREM, avec notamment la candidature de Cédric Villani à Paris. 

"La République en marche est un mouvement qui est jeune, où la notion de discipline - au fond, quand il y a une décision qui est prise, on doit s'y soumettre normalement -, ce n'est pas quelque chose qui est forcément ancré dans les esprits", explique le député du Finistère qui, avant de rejoindre Emmanuel Macron, a arpenté les couloirs du Parti socialiste pendant 36 ans.

"Les gens qui rouspètent"

Le sourire aux lèvres, Richard Ferrand a voulu se montrer optimiste: "C'est peut-être une nouvelle manière de faire!" Et de reconnaître malgré tout que, de part sa "culture" politique, il regrettait les désordres récemment survenus au sein du parti. Parmi ceux-ci, il y a la défection de deux députées, Albane Gaillot et Michèle Crouzet, qui pour l'heure siègent au palais Bourbon en tant qu'apparentées-LaREM. Le spectre de leur départ définitif plane toujours. 

À l'instar de François Bayrou et Édouard Philippe dimanche, le président de l'Assemblée nationale a réitéré que "ce qui divise, ça condamne à l'échec, ce qui rassemble, ça permet le succès".

"Je souhaite le faire partager au plus grand nombre de mes amis, mais il est normal qu'on parle toujours des trains qui n'arrivent pas à l'heure", a-t-il plaisanté, pointant du doigt "les gens qui rouspètent". 

Les foyers de tension se multiplient

Paris, Lyon, Nice, Marseille, Aix-en-Provence, Montpellier, Lille, Rennes, Quimper, Clermont-Ferrand... La liste des foyers de tension, soit entre LaREM locaux qui veulent un candidat autonome malgré la présence de MoDem au sein de l'équipe municipale sortante, soit entre un LaREM investi par Paris et un LaREM dissident, commence à s'allonger dangereusement. Et d'une manière qui devient, en elle-même, un fait d'actualité.

Qu'à cela ne tienne, selon Richard Ferrand, "on parle de quelques dissidences ici ou là". "Ce qu'il faut regarder dans la globalité, c'est que les choses sont claires", estime-t-il.

Richard Ferrand a également affirmé que des accords de premier tour avec des maires sortants seront possibles "sur la base d'un projet, de valeurs". "Il ne faut pas signer de chèque en blanc", a toutefois prévenu l'ex-ministre, qui se dit "très prudent". "C'est ma nature", a-t-il ajouté. Contrairement à certains membres de LaREM?

Jules Pecnard