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Accusée de "banaliser l'homophobie" dans une BD, Nathalie Loiseau se défend

Nathalie Loiseau en meeting à Aubervilliers, le 30 mars 2019

Nathalie Loiseau en meeting à Aubervilliers, le 30 mars 2019 - Stéphane de Sakutin - AFP

Nathalie Loiseau est de nouveau au cœur d'une polémique, accusée cette fois de banaliser l'homophobie après la publication d'une bande-dessinée pour les enfants sur l'Union européenne.

La cheffe de file de La République en Marche pour les élections européennes est de nouveau au centre d'une polémique. Quelques jours après les révélations de Mediapart assurant que Nathalie Loiseau avait figuré sur une liste d'extrême droite lors de ses études, c'est cette fois l'une des bandes-dessinées co-écrites par l'ancienne ministre chargée des Affaires européennes qui fait jaser.

Dans L'Europe en BD, un ouvrage à destination des enfants expliquant notamment le fonctionnement de l'Union européenne, un professeur explique à sa classe que si l'UE est unie et en paix, il existe des différences d'un pays à l'autre. "Moi je suis Polonais eh bien deux garçons qui se marient, même pas en rêve!", raconte alors l'un des enfants à côté du dessin de deux hommes se tenant la main barrés d'une croix rouge.

Une illustration qui a fait réagir une semaine seulement après la première polémique: "Qu’apprenons-nous aux enfants? Que l’homophobie est culturelle? Qu’il faut la tolérer chez nos voisins? Non Madame, l’homophobie est une discrimination grave, à combattre partout!", lui a répondu via Twitter, Guillaume Mélanie le co-président d'Urgence Homophobie. D'autres internautes ont accusé la tête de liste LaREM pour les élections européennes de "banaliser l'homophobie"

Le dessin visé
Le dessin visé © Capture d'écran BFMTV de la bande-dessinée "L'Europe en BD"

"Elle enfile les clichés pour les gays"

"Décrire la Pologne telle qu'elle est ne veut pas dire qu'on l'approuve", a réagit Nathalie Loiseau en ajoutant avoir toujours lutté contre l'homophobie, publiant un passage de son livre Choisissez tout, sorti en 2014, où elle évoque ses "frères homosexuels" du monde de la mode au sein duquel elle a travaillé au début des années 80.

Nathalie Loiseau, contactée par le magazine Têtu, a déploré "la caricature" faite de sa personne et s'est à nouveau défendu de toute homophobie, estimant n'avoir "aucune leçon à recevoir".

"On est en train de s'amuser à détruire ce que je suis", a-t-elle vitupéré. "C'est de la politique de caniveau et chacun juge sans savoir. Je porte mon engagement contre l'homophobie et en faveur des droits des LGTBI depuis des années. Alors venir me chercher, moi, sur ces sujets-là, c'est se tromper de combat". 

"M’expliquer que vos propos ne sont pas homophobes car vous aimez vos 'frères' gays qui sont géniaux car ils aiment la mode... c’est non", lui a de nouveau répondu Guillaume Mélanie.

"Cet extrait ne montre pas qu’elle lutte contre l’homophobie, mais juste qu’elle est entourée d’homosexuels comme plein d’autres franges de la population (...) Elle enfile les clichés pour les gays, ça ne se veut pas méchant mais ce n’est plus possible en 2019", a-t-il assuré au Parisien, ajoutant qu'il "serait génial qu'ils retirent le passage".

Seconde polémique

"Nathalie Loiseau n'a de leçon à recevoir de personne concernant la lutte contre l'homophobie qui est un combat qu'elle mène depuis de nombreuses années", a répondu son entourage dans les colonnes du quotidien local, dénonçant "une fausse polémique exploitée par ceux qui ne veulent pas parler du fond".

La semaine passée, Mediapart révélait que la cheffe de file de LaREM pour les élections européennes avait été candidate en 1984 aux élections étudiantes de Sciences-Po sous l'étiquette de l'Union des étudiants de droite. Le journal en ligne décrivait alors cette liste comme "un syndicat né sur les cendres du Gud", ancienne organisation étudiante proche du Front national et réputée pour ses actions violentes. Réagissant à ce sujet, Nathalie Loiseau avait évoquée "une erreur", avant d'accuser l'hebdomadaire d'extrême-droite Minute d'être à l'origine de ces révélations.

La liste LaREM conduite par l'ancienne directrice de l'Ena est toujours en tête des sondages, selon une dernière étude Harris Interactive pour LCI, RTL et Le Figaro parue le 21 avril dernier. Avec 23,5% des voix, la liste de la majorité devance de peu la liste du Rassemblement national (21%).

Guillaume Dussourt