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La petite leçon de Bayrou à Macron et Philippe

François Bayrou, face à Ruth Elkrief.

François Bayrou, face à Ruth Elkrief. - BFMTV

Ce mardi soir, François Bayrou a reçu dans sa mairie de Pau notre journaliste, Ruth Elkrief. Il a assuré l'exécutif de son soutien, tout en distribuant les bons et les mauvais points.

François Bayrou livre son bulletin de notes. Deux mois après sa démission de son poste de ministre de la Justice dans le premier gouvernement d'Edouard Philippe, à cause de l'affaire des attachés parlementaires européens du MoDem, François Bayrou a brisé le silence face à Ruth Elkrief. "J’ai l’intention de soutenir le président de la République et le gouvernement pour deux raisons: d'abord, comme citoyen et responsable politique j’ai participé à ce choix du pays".

"Macron a été élu pourquoi pour deux ou trois raisons essentielles: la première, c’est qu’il bousculait les situations politiques acquises des deux partis dominants. Deuxième chose, il a fait preuve d’une audace, d’un courage d’une volonté de renverser les obstacles et je trouve que ça en valait la peine", a-t-il poursuivi plus tard. 

Interrogé pour savoir s'il avait aspiré à Matignon, il a répondu: "Ce n’était pas une idée absurde. Mais je n’ai pas été du tout déçu." Il a par la suite développé le sentiment qui fut le sien lorsque Emmanuel Macron lui a appris l'identité de son Premier ministre: "J’ai approuvé son choix pour Matignon j’ai dit que ce choix allait avoir de gros avantages, des avantages électoraux, et aussi car c’est un nouveau visage. Disons que c’était un peu original. Mais j'ai approuvé ce choix et l'ai soutenu". 

"Les emplois aidés, c'est de la fausse monnaie"

Mais après ces mots doux, François Bayrou largement nuancé ses propos. Tout d'abord, il a noté un "flottement" en juillet, dû en partie à l'attitude du président de la République: 

"Le mois de juillet a été un mois de flottement, jusqu’au vacances de la mi-août. Le président sait bien ce que je lui en ai dit. A la rentrée ça va mieux car le président de la République a parlé. Pendant toute la période précédente, c’était plus le choc des photos plutôt que le poids des mots. Il s’est trouvé en situation de ne pas s’exprimer or la Ve république se résume simplement: le président de la République entraîne et pour entraîner il faut qu’il parle. Il n’a pas besoin d’être verbeux mais il faut qu’il dise où on va tous ensemble. C’est une mission d‘explication, de pédagogie mais aussi d’entraînement par le cap."

Il a aussi jugé coupable l'idée selon laquelle le succès présidentiel aurait définitivement tranché tous les débats publics: "On croit que parce qu’on a dit des choses durant la campagne présidentielle, c’est acté. (…) A chaque minute, on doit reconstruire ce mouvement d’adhésion. Pendant la première partie, il ne l’a pas fait assez." François Bayrou a plaidé pour la mise au point d'un projet social pour le pays: "Les Français ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas condamnés s’ils ont échoué une fois. Et ça fait partie du projet social. Et l’éducation aussi." Selon lui, dans les premières mesures du quinquennat, "il y a des éléments positifs" mais "il n'y a pas toutes les réponses". 

Une victoire de ses idées

Par ailleurs, il a estimé que les proches d'Emmanuel Macron n'avait pas été assez critiques durant les premières semaines du mandat: "Dans ceux qui l’entouraient il y avait peut-être plus d’applaudissements que de dialogue."

Selon lui, la victoire d'Emmanuel Macron a donné raison à son combat politique: "J’ai depuis longtemps défendu l’idée que les partis traditionnels qui détenaient les pouvoirs étaient vermoulus de l’intérieur, ça ne marchait plus. C’était vrai, nous en avons fait la preuve. Les Français s’en sont aperçus ça crée un espoir et je veux y être fidèle".

Mais il a aussi approuvé la position de l'exécutif concernant les emplois aidés: "J’ai toujours su que les emplois aidés c’était de la fausse monnaie." Il a ensuite plaidé pour une réflexion sur un nouveau statut nouveau de l'emploi associatif. "Sortons de la logique du ‘je te donne et je te reprends’", a-t-il appuyé. 

Robin Verner