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La France présidente de l’UE : Combien ça coûte ?

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De juillet à décembre 2008, la France assurera la présidence de l'Union Européenne. Ca coûtera 190 millions d'euros. Les retombées seront-elles à la hauteur ?

Le 1er juillet prochain, la France prend la tête de l’Union Européenne, pour six mois. Le budget prévu est de 190 millions d’euros. Une somme largement supérieure aux précédents budgets français consacrés à cette même fonction : l'équivalent de 14,1 millions d’euros avaient été dépensés en 1995, et 59,6 millions en 2000. A l’époque, l’Europe comptait 15 états membres, et non 27.

Répartition des 190 millions d’euros :

- 89 millions couvriront les « activités obligatoires et traditionnelles de la Présidence », c'est à dire les manifestations imposées par le calendrier européen et le règlement intérieur du Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne, ainsi que les manifestations qui incombent traditionnellement à l’État membre qui exerce la Présidence de l’Union européenne. Ces manifestations recouvrent, par exemple, le Conseil européen de fin d’année et l’ensemble des conseils des ministres à Bruxelles et Luxembourg ;

- 82 millions iront aux « manifestations correspondant à l’initiative propre de la Présidence française », comme par exemple l'organisation du Sommet « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » prévu les 13 et 14 juillet à Paris, ou encore la Conférence européenne sur « Le financement des médias de service public à l’ère du numérique » qui se tiendra à Strasbourg les 17 et 18 juillet ;

- 19 millions seront consacrés aux « dépenses ministérielles », c'est-à-dire au financement du secrétariat général de la Présidence française et des frais de communication et fournitures (stylos, blocs notes, petits cartables… le tout designé par Philippe Stark qui aurait travaillé bénévolement).

La France frôle le record de l’Allemagne
Les budgets alloués à la présidence de l’UE varient bien entendu en fonction de la taille du pays qui en assure la fonction. Ainsi, quand les « petits pays » y consacrent en moyenne 80 millions (par exemple, en 2006, l'Autriche dépense 70 millions d'euros, et la Finlande 78,3), l’Allemagne, présidente de l’Union au premier semestre 2007, y investit près de 200 millions. Parce que c’est assurément un investissement si l’on en croit Nicole Ameline, députée du Calvados et rapporteuse du budget de la présidence française à l'Assemblée nationale. Pour elle, le « retour sur investissement » que procure l’exercice d’une présidence de l’Union est indéniable, tout comme l’impact positif pour les entreprises nationales : « Ces 190 millions sont un investissement, car lorsqu’on assume une présidence, on a aussi des retours en emplois, des retours en valorisation du potentiel économique, industriel, et touristique bien sûr. En Autriche (Présidente de l’UE de janvier à juin 2006) par exemple, ça a « rapporté » plus de 3000 emplois, 50 000 nuitées supplémentaires en matière touristique, et 100 millions d’euros évalués. » Les retombées économiques au bénéfice des entreprises françaises et de l’image de la France seront-elles à la hauteur des investissements ? Pour répondre à cette question, il faudra attendre quelques mois, afin de dresser le bilan de cette période de présidence européenne, et notamment dans les secteurs commerciaux et touristiques.

Autre inquiétude en ces temps de flambée du pétrole et de baisse du pouvoir d’achat : ce budget, déjà très important, ne risque-t-il pas d’être revu à la hausse au cours de la présidence française ? L’Elysée assure qu’aucun dépassement ne sera autorisé. Pas question de remettre la main à la poche. « Aucune dépense somptuaire », garantit Nicole Ameline. Pourtant, certains soulignent le fait que la liste des manifestations envisagées est incomplète, et craignent un « guichet ouvert » pour l'organisation d'événements par les différents ministères.
Réponse, chiffres à l’appui, d'ici quelques mois.

Juliette VINCENT, avec Christophe BORDET