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La charge de Villepin contre Sarkozy sème la consternation

Dominique de Villepin, toujours membre de l'UMP, a estimé que Nicolas Sarkozy était "l'un des problèmes de la France", et appelé de ses voeux la fin de la parenthèse ouverte en 2007 avec son accession à l'Elysée. Ces propos ont suscité surprise et conster

Dominique de Villepin, toujours membre de l'UMP, a estimé que Nicolas Sarkozy était "l'un des problèmes de la France", et appelé de ses voeux la fin de la parenthèse ouverte en 2007 avec son accession à l'Elysée. Ces propos ont suscité surprise et conster - -

Oscillant entre surprise et consternation, les ténors de la droite ont dénoncé les flèches décochées dimanche par l'ancien Premier ministre en direction de Nicolas Sarkozy.

Oscillant entre surprise et consternation, les ténors de la droite ont dénoncé les flèches décochées dimanche par l'ancien Premier ministre en direction de Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin, toujours membre de l'UMP, a estimé que le chef de l'Etat était « l'un des problèmes de la France », et appelé de ses voeux la fin de la parenthèse ouverte en 2007 avec son accession à l'Elysée.

Visiblement secoués, ses alliés au gouvernement ont pris leurs distances, à l'image de Bruno Le Maire, qui fut sa boîte à idées avant l'élection de Nicolas Sarkozy avant que ce dernier ne l'attire au gouvernement en 2008, aux Affaires européennes puis à l'Agriculture.

« Ce sont des propos qui sont outrageants à l'égard du président de la République (...) Je dois dire très franchement que cela me désole », a dit cet ex-conseiller influent de Dominique de Villepin au ministère des Affaires étrangères, à celui de l'Intérieur puis à Matignon.

Même consternation chez le villepiniste Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique. « Il coupe les ponts avec tout le monde, et avec les plus proches d'entre nous », a-t-il regretté.

A l'UMP, on joue plutôt l'indifférence.

« N'attendez pas de nous qu'on réagisse », a dit Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti majoritaire.

« Quand un homme politique tient des propos outranciers, la réalité, c'est ce que constatent ses amis, est qu'il se met lui-même à l'écart de tout le monde », a-t-il ajouté lors de son point de presse hebdomadaire.

Dimanche, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, avait accusé Dominique de Villepin de « chercher à faire, comme on dit, le 'buzz' », et le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, s'était dit « très choqué ».

Les attaques de l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac contre Nicolas Sarkozy ne sont pas une nouveauté.

Il avait accusé le président de vouloir sa perte lors du procès des faux listings de la société Clearstream, où il est soupçonné d'avoir couvert un manipulation pour nuire à Nicolas Sarkozy. Cet été, il avait le premier qualifié de « honte » la politique française à l'égard des Roms.

Mais Dominique de Villepin a visiblement haussé le ton.

« Grand écart entre son antisarkozysme et son appartenance à la famille UMP »

D'où vient cette hargne renouvelée du récent fondateur du mouvement République Solidaire, à qui les observateurs prêtent des ambitions présidentielles ?

« Mais je n'en sais rien. Je ne suis pas dans la tête de Dominique de Villepin », a répondu Bruno Le Maire.

Pour François Miquet-Marty, de l'institut Viavoice, l'attitude de l'ancien Premier ministre est compréhensible « compte tenu de son parcours et de son histoire personnelle avec Nicolas Sarkozy », mais plus étrange en terme de stratégie.

« On a le sentiment qu'il s'agit davantage d'une attaque ad hominem que de la mise en cause d'une politique et de la construction d'un projet alternatif à droite », explique-t-il.

« Il pratique le grand écart entre son antisarkozysisme et son appartenance à la famille UMP, il est à la fois dehors et dedans, et c'est difficile à comprendre ».

Problème de cohérence

Le politologue rappelle qu'en dehors de Nicolas Sarkozy, les sympathisants UMP placent le Premier ministre, François Fillon, Jean-François Copé et le maire de Bordeaux, Alain Juppé, avant Dominique de Villepin dans leur choix d'un candidat pour 2012.

Aux dires des analystes, ce dernier séduirait davantage dans les rangs du MoDem qu'au sein de son propre parti.

« Il est soutenu par les opposants à l'UMP et pas par la branche antisarkozyste de l'UMP, donc il y a un problème de cohérence », dit François Miquet-Marty.

Au MoDem, on dit regarder tout cela de loin. « Ils lavent leur linge sale en public, c'est leur problème », dit Yann Wehrling, porte-parole du parti de François Bayrou.

S'il reconnaît certaines convergences de vues avec Dominique de Villepin, qui a d'ailleurs émis l'idée d'un groupe parlementaire commun, le MoDem parle d'objectifs différents.

« François Bayrou cherche à construire une troisième voie en France alors que Dominique de Villepin est dans une logique de primaire interne à l'UMP », ajoute Yann Wehrling.

Les choses pourraient évoluer si l'ancien Premier ministre était exclu de l'UMP. Le porte-parole adjoint du parti, Dominique Paillé, lui a d'ailleurs suggéré de partir, l'invitant à « tirer les leçons de ses propos ».

« Il aurait pu être exclu depuis longtemps mais on veut sûrement éviter de rompre les ponts et de prendre le risque qu'il rejoigne une autre formation », dit François Miquet-Marty.