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L'UMP demande un correctif budgétaire très rapidement

Gilles Carrez, président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée. L'UMP demande un correctif budgétaire très rapidement pour compenser la dégradation des comptes publics ces derniers mois, une option écartée par le gouvernement qui présente mardi

Gilles Carrez, président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée. L'UMP demande un correctif budgétaire très rapidement pour compenser la dégradation des comptes publics ces derniers mois, une option écartée par le gouvernement qui présente mardi - -

PARIS (Reuters) - L'UMP demande un correctif budgétaire très rapidement pour compenser la dégradation des comptes publics ces derniers mois, une...

PARIS (Reuters) - L'UMP demande un correctif budgétaire très rapidement pour compenser la dégradation des comptes publics ces derniers mois, une option écartée par le gouvernement qui présente mardi son "programme de stabilité" 2013-2017 à l'Assemblée nationale.

Après le vote des députés et un débat au Sénat mercredi, le texte sera transmis à la Commission européenne qui fera des recommandations à tous les membres de l'UE fin mai, après avoir publié ses nouvelles prévisions économiques le 3 mai.

Ce programme de stabilité prévoit un effort de 20 milliards d'euros l'an prochain (dont 14 milliards sur les dépenses et 6 milliards sur les recettes) pour ramener le déficit public sous 3% du PIB fin 2014 (2,9%), soit un an plus tard que les engagements initiaux de la France.

Malgré la modification des paramètres pour 2013, avec une croissance du PIB désormais attendue à seulement 0,1% et un déficit public à 3,7% fin 2013 au lieu de 3%, aucune loi de finances rectificative ("collectif budgétaire") n'est prévue.

Face à l'"érosion des recettes" et à "l'envolée des dépenses", "ça me parait irresponsable de refuser de faire un collectif, un ajustement des comptes 2013", déplore le président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée, Gilles Carrez.

"Nous avons absolument besoin de dire la vérité des comptes aux Français et de prendre un certain nombre de mesures de correction dans les trois mois qui viennent", ajoute-t-il dans un entretien diffusé mardi sur le site du quotidien Les Echos.

Les chiffres les plus récents, à fin février, montrent un creusement du déficit de l'Etat par rapport aux deux premiers mois de 2012, à -27,1 milliards d'euros contre -24,2 milliards, avec une hausse des dépenses et une baisse des recettes.

L'an dernier, le déficit public s'est établi selon la première estimation de l'Insee à 4,8% du PIB au lieu de 4,5% prévu initialement.

3% EN 2015 ?

Selon l'institut d'études économiques Coe-Rexecode, les deux premiers mois de 2013 montrent que l'objectif de ramener le déficit à 3,7% à la fin de l'année sera "difficile à atteindre".

Au-delà, les critiques se portent sur la prévision d'une croissance de 1,2% en 2014, retenue par la Commission européenne et reprise par le gouvernement. La vingtaine d'économistes interrogés par Reuters attend en moyenne une croissance de seulement 0,8% en 2014 et le Fonds monétaire international 0,9%.

Selon Michel Martinez, économiste à la Société générale, "l'objectif de déficit public à 3% sera probablement repoussé à 2015".

Pour compenser une croissance moins dynamique que prévu l'an prochain, le gouvernement pourra décider de nouveaux efforts ou accepter un dérapage du déficit, en insistant sur l'importance de l'effort structurel engagé, qui gomme les effets de la conjoncture. Cette dernière hypothèse "est notre principal scénario", ajoute-t-il dans une note.

Gilles Moec, économiste chez Deutsche Bank, estime que la Commission européenne pourrait critiquer le manque de détails fournis par la France sur la réduction de ses dépenses publiques. "Comme d'habitude, le programme de stabilité est assez vague sur les mesures" qui seront prises, écrit-il.

Les doutes sur ce nouveau programme ne se traduisent pour l'instant par aucune défiance des investisseurs.

Signe de l'appétit pour la dette française, le rendement des obligations d'Etat à 10 ans a ainsi battu mardi son plus bas niveau historique, à 1,703% sur la plateforme de transaction Tradeweb.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse