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L'idée d'une primaire à gauche pour 2017 fait son chemin au PS

François Hollande le 19 octobre 2011 à Paris, lors d'une conférence de presse sur les primaires au PS.

François Hollande le 19 octobre 2011 à Paris, lors d'une conférence de presse sur les primaires au PS. - Fred Dufour - AFP

Les déclarations du secrétaire d'Etat Thierry Mandon, qui juge une primaire à gauche "indispensable", séduisent certains responsables du PS. Mais l'idée reste suspendue à une éventuelle candidature de François Hollande.

La déclaration de Thierry Mandon a surpris. Mardi soir, le secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat a jugé "indispensable" une primaire élargie à gauche: "aux radicaux, écologistes et tous ceux qui voudront y participer". Pour lui, c'est la seule manière de mener la gauche au second tour de l'élection présidentielle en 2017. C'est la première fois qu'un membre du gouvernement s'explique publiquement sur l'opportunité d'organiser un tel rendez-vous.

L'aile gauche du PS approuve

Une fois la surprise passée, l'idée semble trouver des défenseurs au sein du PS... Et ailleurs. "Ce que dit Thierry Mandon est plutôt juste", estime Olivier Faure, porte-parole du parti socialiste. "Il n'y a pas de raison particulière de considérer que la primaire ne vaut que pour les années où la gauche est dans l'opposition. Il faut aussi qu'une fois au pouvoir, le Président sortant, ou un autre candidat, puisse venir trouver une légitimation dans un vote citoyen, large", estime le député de Seine-et-Marne. Un point de vue partagé par l'écologiste François de Rugy, qui y voit "un moyen, si François Hollande souhaitait se représenter, de se re-légitimer".

Sans surprise, l'hypothèse est également approuvée par l'aile gauche du PS. Le député frondeur Christian Paul estime l'idée d'une primaire logique, maintenant que la droite a décidé d'en organiser pour 2017. "Il serait alors peu compréhensible pour les Français qu'il n'y ait pas également des primaires à gauche", juge-t-il. "Et même si ça n'a servi qu'une fois, je rappelle que ça a permis à François Hollande de gagner en 2012", se souvient Christian Paul.

La fonction présidentielle affaiblie?

Une équation pas forcément logique pour les autres élus du parti. "Je suis de ceux qui pensent que le Président sera candidat à sa succession", avance Luc Carvounas, sénateur socialiste, sur Public Sénat. "Je pense que c'est bien. A partir de ce moment-là, il n'y a pas de primaire à mon sens (…)" Et de justifier sa position par la comparaison avec les Etats-Unis, qui n'organisent "pas de primaire pour le président sortant". 

Un point de vue partagé par Claude Bartolone, qui affirmait en octobre dernier sur BFMTV que François Hollande serait candidat à sa succession. Le président de l'Assemblée nationale va plus loin encore, en brandissant le risque d'affaiblir encore la fonction présidentielle en faisant du Président un candidat à gauche. "Vous imaginez pendant six mois le président de la République candidat le soir avec d'autres candidats qui auront tous une certaine valeur, et président de la République le lendemain? Je vois mal comment cela peut être organisé", avance-t-il sur LCP

Il plaide en revanche pour une candidature commune des socialistes et des écologistes, incluant les Radicaux de gauche, pour 2017, comme il l'a déjà fait dans le passé. Mais les radicaux semblent déjà en avoir décidé autrement: Roger-Gérard Schwartzenberg, chef de file des députés PRG, précise qu'en cas de primaire à gauche, "le PRG y participerait et aurait un candidat". Les plans des socialistes pour 2017 sont encore loin d'être fixés.

Ariane Kujawski avec AFP