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L'Elysée dément l'implication de Sarkozy dans le dossier Karachi

L'ATTENTAT ANTIFRANÇAIS DE KARACHI

L'ATTENTAT ANTIFRANÇAIS DE KARACHI - -

PARIS (Reuters) - L'Elysée a déclaré vendredi que l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002 et une présumée affaire de corruption lors de la...

PARIS (Reuters) - L'Elysée a déclaré vendredi que l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002 et une présumée affaire de corruption lors de la présidentielle de 1995 ne concernaient pas Nicolas Sarkozy et s'est dit victime d'une "rumeur malveillante".

Nicolas Sarkozy avait parlé publiquement de "fable" au début de l'année. C'est cette fois la première réaction détaillée de la présidence sur cette enquête, qui met au jour des soupçons de corruption contre le candidat Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy fut porte-parole.

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a diffusé vendredi un long communiqué après une déclaration sur TF1 de l'ex-Premier ministre et rival de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, qui a fait état des soupçons de corruption en 1995.

Claude Guéant fait une allusion directe à cette déclaration pour la réfuter.

"Il n'est (...) pas acceptable que ce drame soit utilisé comme un argument de circonstance pour alimenter la démarche entreprise par ceux qui n'ont d'autre préoccupation que d'impliquer le chef de l'Etat, par une succession d'insinuations, dans une affaire qui ne le concerne en rien", lit-on dans le communiqué.

Le bras droit de Nicolas Sarkozy dénonce "des allégations calomnieuses, parfois présentées comme de prétendues certitudes, portées contre la personne ou l'action de Nicolas Sarkozy et qui ne reposent cependant sur aucun commencement de preuve".

L'Elysée répond aussi indirectement aux familles des victimes, qui pressent le chef de l'Etat de s'expliquer et l'accusent de mensonges et d'entrave à l'enquête.

La thèse d'un financement illicite de la campagne Balladur en 1995 "relève de la rumeur malveillante qui vise à jeter le discrédit sur la vie politique de notre pays", dit l'Elysée.

LEVÉE DU SECRET-DÉFENSE AU "CAS PAR CAS"

La négociation des contrats d'armement ne relevait pas de la compétence de Nicolas Sarkozy en tant que ministre du Budget, et il n'a donné aucun agrément au versement de commissions, ajoute Claude Guéant.

"Aucun obstacle n'a été opposé à la manifestation de la vérité dans cette affaire", lit-on dans le communiqué.

L'Elysée rappelle que le secret-défense a déjà été levé sur certains documents et déclare que s'il est fait de nouvelles demandes de levée de secret-défense, elles seront "examinées au cas par cas" par le ministre de la Défense, Alain Juppé, avec le concours d'une commission indépendante.

Les familles ont déposé plainte en raison du refus de l'Assemblée de transmettre à la justice les pièces d'une mission d'information.

Elles déplorent aussi le refus du Conseil constitutionnel de livrer les délibérations de 1995 ayant abouti à valider les comptes de la campagne Balladur, malgré 13 millions de francs en espèces (deux millions d'euros) d'origine mystérieuse.

"Les positions récemment adoptées, pour ce qui les concerne, par le Conseil constitutionnel et par l'Assemblée nationale de ne pas communiquer certaines informations ne sont fondées que sur le respect des exigences découlant de la Constitution et de la loi. Cela n'a rien à voir avec la protection du secret de la défense nationale", dit l'Elysée.

L'Assemblée invoque en effet la séparation des pouvoirs et le Conseil constitutionnel le secret des délibérations.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Baptiste Vey