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L'austérité au menu du Congrès des maires de France

La mairie du XVIIIe arrondissement de Paris

La mairie du XVIIIe arrondissement de Paris - -

François Hollande a ouvert mardi le 95e Congrès des maires de France. Des élus confrontés à des difficultés financières pour beaucoup, alors qu'ils vont encore devoir se serrer la ceinture pour aider à la réduction des déficits du pays.

Ils sont 35 000 à l’attendre de pied ferme. François Hollande a ouvert mardi après-midi le 95e congrès des maires de France, le premier depuis l’arrivée au pouvoir du socialiste. L’occasion pour les 34 550 maires d’exprimer au président leurs inquiétudes, voire leur colère. Au cœur des discussions : l’argent. Plus précisément le manque d’argent. François Hollande a déjà prévenu les élus locaux : « des efforts seront demandés à tous, et donc aux collectivités locales aussi » dans le cadre de la réduction des dépenses publiques. La cure d’austérité que l’exécutif impose aux collectivités locales n’est pas du goût des maires. Faute de croissance, il s'agit de « conduire à marche forcée le redressement des comptes publics », a expliqué le président lors de sa conférence de presse mardi dernier, pour économiser 60 milliards d'euros sur la dépense d'ici 2017 et ramener à cette date le déficit public à zéro.

« Un garrot financier »

L'an prochain, les dotations de l'Etat aux collectivités diminueront de 1,8 milliard d'euros, et de 2,250 mds en 2014-2015. Au bas mot, car, depuis, le gouvernement a annoncé dix milliards d'économies supplémentaires.
« Est-ce en continuant à nous appliquer un garrot financier que nous pourrons contribuer avec le plus d'efficacité au redressement de la France ? », s’interroge le socialiste André Laignel, numéro deux de l'Association des maires de France (AMF), organisatrice du Congrès. « On accepte le gel » des fonds de l'Etat, comme pendant le gouvernement Fillon, « mais pas plus », affirme le président de l'AMF, Jacques Pélissard (UMP). Car les élus locaux sont confrontés pour certains à une paupérisation de leur population, comme l'a montré le maire de Sevran (Seine-St-Denis), Stéphane Gatignon, qui avait fait une grève de la faim pour alerter sur le manque de moyens de sa commune.

De plus en plus de maires prévoient de limiter les investissements

Le message présidentiel a semble-t-il été bien reçu par les maires. Selon un sondage CSA, leurs préoccupations auraient changé : seuls 37% des maires veulent avant tout « développer les investissements » (avant tout pour la voirie) alors qu'ils étaient encore plus de 50% l'an dernier. La préoccupation de « réduire ou limiter la progression des dépenses » s'accentue encore cette année. Elle est mentionnée par 39% des élus interrogés, contre à peine plus de 20% en 2006. En cohérence avec ces orientations, la volonté de « préserver ou développer les services rendus » aux habitants fléchit nettement (27% contre 38% en 2011).

P. Gril avec agences