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L'affaire du mari polygame de Nantes prend un tour politique

La jeune femme voilée ayant écopé d'une amende lors sa conférence de presse vendredi à Nantes. La mise en cause du mari de cette conductrice voilée verbalisée le 2 avril a pris un tour politique samedi, la gauche accusant le gouvernement d'instrumentalise

La jeune femme voilée ayant écopé d'une amende lors sa conférence de presse vendredi à Nantes. La mise en cause du mari de cette conductrice voilée verbalisée le 2 avril a pris un tour politique samedi, la gauche accusant le gouvernement d'instrumentalise - -

PARIS - La mise en cause du mari d'une conductrice voilée verbalisée le 2 avril à Nantes a pris un tour politique samedi, la gauche accusant le...

PARIS (Reuters) - La mise en cause du mari d'une conductrice voilée verbalisée le 2 avril à Nantes a pris un tour politique samedi, la gauche accusant le gouvernement d'instrumentaliser l'affaire sur fond de débat sur le port de la burqa.

La jeune femme ayant écopé d'une amende de 22 euros parce qu'elle conduisait vêtue d'un niqab - un voile intégral entraînant une "conduite dans des conditions non aisées" selon le procès-verbal qui lui a été dressé - avait médiatisé l'affaire en s'exprimant devant les caméras de télévision cette semaine, flanquée de son conjoint à Nantes.

L'affaire a rebondi vendredi quand le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé soupçonner le mari de polygamie et de fraude aux aides sociales.

"Selon les informations dont je dispose, cet individu appartiendrait à la mouvance radicale du tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants. Au demeurant, chacune de ces femmes bénéficierait de l'allocation de parent isolé", a-t-il écrit dans un courrier adressé au ministre de l'Immigration, Eric Besson.

"Si ces faits étaient confirmés, l'intéressé pourrait être déchu de la nationalité française", ajoute-t-il.

Selon la chaîne i-Télé, l'homme âgé de 35 ans aurait entre quatre et sept femmes, des Françaises converties à l'islam, qui lui ont fait 12 enfants.

MAUVAIS GOUT

L'UMP a salué la fermeté de Brice Hortefeux mais la gauche a dénoncé des manoeuvres politiciennes.

Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a accusé le ministre de l'Intérieur de démagogie.

"Selon les informations que j'ai pu obtenir, cette situation n'est pas connue que de la semaine dernière, elle est connue depuis plusieurs mois, voire plusieurs années de la part des services de l'Etat, de la justice et des services sociaux, notamment de la Caisse d'allocations familiales", a-t-il dit sur France Info.

"Au moment où on veut débattre de (l'interdiction du port du voile intégral) dans la sérénité, j'ai l'impression qu'on est dans l'instrumentalisation".

Sur la même antenne, la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, a dénoncé une "opération politicienne du plus mauvais goût (...) qui fait le jeu des intégristes".

"Je vois les choses venir, on va multiplier les incidents par rapport à ces femmes et on va voir se réjouir des gens qui vont pousser le feu de l'intégrisme et de la radicalité (...) L'utilisation politicienne de tout cela peut nous mener très loin", a-t-elle ajouté.

L'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, a au contraire salué la démarche du ministre de l'Intérieur.

"Elle exprime la nécessaire fermeté dont notre société doit faire preuve à l'encontre de ceux qui méprisent nos règles, détournent nos procédures et profitent de manière inqualifiable de l'hospitalité française", a-t-il affirmé dans un communiqué.

La députée Chantal Brunel, ancienne porte-parole du parti présidentiel, a demandé de son côté "un état des lieux département par département" des familles polygames afin de "permettre une analyse des prestations versées et éviter d'éventuels abus".

Selon un sondage diffusé samedi par Europe 1, seuls 33% des Français sont favorables à une interdiction totale du voile intégral comme le préconise le gouvernement .

Le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon ont souhaité mercredi que le gouvernement présente en mai un projet de loi interdisant totalement le port du voile intégral dans l'espace public, en dépit de recommandations contraires du Conseil d'Etat.

Véronique Tison, édité par Jean-Loup Fiévet