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L'abstentionnisme, tradition des européennes en passe de battre un record

L'abstention est l'un des traits immuables des élections européennes. Ce dimanche, elle pourrait bien dépasser les 60% des électeurs inscrits. Les classes populaires et les citoyens sensibles aux argumentaires de la gauche sont les plus susceptibles de faire l'impasse sur le scrutin.

L'ampleur de l'abstention aux Européennes n'étonne plus. Lors de la dernière édition du scrutin, en 2014, elle a atteint 57,57% au sein de l'électorat français. Elle avait même surpassé ce taux en 2009, avec 59,37% d'abstention. Et ce record semble être en passe d'être battu ce dimanche. Les sondeurs, en effet, ont estimé que plus de 60% des électeurs français inscrits sur les listes pourraient faire l'impasse cette fois-ci. 

C'est le cas de Nabil, 44 ans, auquel BFMTV a donné la parole ce mardi: "Ça change quoi? Je ne sais pas ce que ça va changer pour la France." Si le désamour est général devant cette élection parfois jugée trop technique, renouvelant des institutions lointaines et considérées avec défiance, pilotant une Union européenne discréditée aux yeux d'une large part de la population, certaines catégories des citoyens sont particulièrement rétives à l'idée d'aller voter. 

Deux classes d'âges très concernées

Deux classes d'âge, les 18/24 ans et les personnes de plus de 75 ans, se déplacent moins que les autres. Les classes populaires se détournent également en masse des isoloirs lors des européennes.

Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences-Po, dépeint devant nos caméras le portrait-type d'un abstentionniste aux Européennes: "Ça peut être quelqu’un qui s’intéresse moins à la politique, à qui les questions européennes apparaissent très compliquées et très lointaines mais aussi quelqu’un qui est dans une situation de précarité, qui a le sentiment de ne pas arriver à s’en sortir, à joindre les deux bouts."

Mais cette tendance n'est pas homogène au sein de l'échiquier politique, indique le spécialiste: "L’abstentionnisme serait sans aucun doute un peu plus important dans la famille de la gauche que dans la famille de la droite. La famille de la gauche voit une gauche morcelée, éclatée."

Robin Verner