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Jérôme Cahuzac : le jour d'après

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC - -

Celui qui n’est plus député, va se consacrer à son avenir judiciaire. Les avis sont partagés au lendemain de son interview sur RMC et BFMTV, et le PS est soulagé de ne pas le voir revenir à l’Assemblée.

Jérôme Cahuzac, en se rendant mardi matin dans le studio photo au cœur de Paris dans lequel s’est déroulée l’interview, s’était imposée une limite : ne pas répondre aux questions que se posent les juges Le Loire et Van Ruymbeke qui mènent l’enquête sur sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale, et qu’il devrait revoir prochainement.
A la question sur la réalité des sommes déposées sur ses comptes en Suisse et à Singapour, l’ancien ministre s’en est tenu à ce que son avocat avait déjà déclaré dans un communiqué : la somme s’élève à 600 mille euros, et non pas quinze millions comme cela a été écrit. Ce sera aux magistrats de dire la vérité sur ces fonds déplacés sur ces comptes à l’étranger.
Pour le reste, Jérôme Cahuzac a tenté d’expliquer sa « faute morale », par ce qu’il a appelé sa « part d’ombre ». Avec des mots psychologisants comme « irrationnel », « folie ». Comme s’il y avait plusieurs personnalités en lui. A lire les commentaires en direct sur les réseaux sociaux, les avis étaient partagés. L’ex ministre du budget en a convaincu certains, d’autres y ont vu un exercice trop maitrisé. Ce self-control qui est depuis toujours sa marque de fabrique.

Une phrase a relancé la polémique, très politique pour le coup… elle concerne François Hollande… et la polémique qui ne faiblit pas malgré les semaines qui passent…

Elle n’a échappé à personne : « j’ignore quel était son degré de connaissance dans cette affaire », réponse à la question : le président savait-il pour le compte en Suisse ? L’UMP s’en est aussitôt engouffré dans la brèche: « ça en dit long sur l’incertitude, des zones d’ombres restent entières », a aussitôt commenté Jean-François Copé, le président de l’UMP, bien décidé à ne pas lâcher ce filon. Il n’est pas exclu que le sujet revienne cet après-midi à l’Assemblée, lors des questions au gouvernement, avec un Pierre Moscovici dans le collimateur de l’opposition.

Jérôme Cahuzac en démissionnant de son poste de député a rendu service à tout le monde…

Et surtout au camp socialiste, qui a poussé un ouf collectif de soulagement au Palais Bourbon, où l’interview télévisée a été très suivie. « Il a pris la seule et la bonne décision, il respecte l'Assemblée nationale et il se respecte lui-même », a estimé Claude Bartolone. Son éventuel retour aurait été un enfer dans l’hémicycle.

Jérôme Cahuzac a quitté la vie politique ?

De toute évidence oui. La décision a visiblement été difficile à prendre. Le Jérôme Cahuzac hors caméra hier n’a pas dit un mot après l’exercice, qu’il a vécu comme une épreuve. Celui qui a commis cette faute qu’il met sur la place publique est en quête de de rédemption. Ce travail vient de débuter, et pas seulement chez les juges.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce mercredi 17 Avril.

Jean-François Achilli|||

Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli

Jean-François Achilli