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Jean-Pierre Raffarin inquiet d'une "dérive droitière" de l'UMP

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'inquiète de la droitisation de l'UMP en matière de sécurité et appelle François Fillon à intervenir pour mettre en avant "les valeurs d'équilibre" de la majorité. Il a cependant estimé sur RMC que Nicolas S

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'inquiète de la droitisation de l'UMP en matière de sécurité et appelle François Fillon à intervenir pour mettre en avant "les valeurs d'équilibre" de la majorité. Il a cependant estimé sur RMC que Nicolas S - -

PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'inquiète de la droitisation de l'UMP en matière de sécurité et appelle François...

PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'inquiète de la droitisation de l'UMP en matière de sécurité et appelle François Fillon à intervenir pour mettre en avant "les valeurs d'équilibre" de la majorité.

Interrogé mardi sur RMC, il a toutefois estimé que le président Nicolas Sarkozy était "à la hauteur de son rôle" quand il prend la mesure du "niveau d'exaspération des Français" face à l'insécurité.

A Grenoble, fin juillet, comme lors d'une précédente sortie dans le Loiret, le chef de l'Etat "a fait un certain nombre de propositions concrètes pour lutter contre ces problèmes concrets", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy avait annoncé à cette occasion le démantèlement des camps de Roms et la déchéance de la nationalité pour certains délinquants, qui ont provoqué des réactions indignées à gauche mais aussi à droite.

Jean-Pierre Raffarin a en revanche dénoncé l'existence d'une "dérive droitière" au sein du parti présidentiel, dont il est vice-président, illustrée par "une surenchère d'amendements" et des propositions "absurdes" émanant de ses rangs en matière de lutte contre l'insécurité.

"Le gouvernement, l'exécutif est devant un devoir d'action. Un parti politique est devant un devoir de pensée. Et pendant tout ce mois d'août, j'ai trouvé l'UMP hémiplégique. Je n'ai entendu que son cerveau droit", a-t-il dit.

"J'ai le sentiment qu'il y a à l'UMP une course à droite qui risque de la déséquilibrer. J'attends du Premier ministre, chef de la majorité, qu'il prenne la parole pour expliquer les valeurs d'équilibre d'une majorité qui doit avancer avec son cerveau droit mais aussi son cerveau gauche", a ajouté Jean-Pierre Raffarin.

L'UMP DOIT ADOPTER UNE "LIGNE CENTRALE"

Il s'en est pris plus particulièrement aux propositions avancées par le ministre de l'Industrie et maire de Nice Christian Estrosi et un de ses proches, le député Eric Ciotti, visant à sanctionner les maires qui ne respecteraient pas leurs obligations en matière de sécurité ou encore les parents de délinquants mineurs.

"Je pense qu'il y a aujourd'hui des propositions qui sont absurdes, celle qui consiste à mettre les parents en prison celle qui consiste à sanctionner les maires. Je vais vous le dire très clairement, il ne me semble pas qu'il y ait une majorité au Sénat pour voter de tels amendements", a indiqué Jean-Pierre Raffarin.

"Je pense qu'il faut recadrer la ligne de l'UMP, qui est une ligne centrale, qui n'est pas une ligne droitière, pour que le parti majoritaire assume ses responsabilités", a-t-il encore dit.

Interrogé sur les virulentes critiques de Dominique de Villepin contre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, il a déclaré que l'ancien Premier ministre "va trop loin".

"Le propos est excessif. Je connais bien Dominique de Villepin, c'est une personne de qualité, c'est un homme d'expérience. Mais il n'est pas réputé pour son tempérament modéré".

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse