BFMTV

Jean-Marc Ayrault tente de rassurer un PS en proie au doute

Jean-Marc Ayrault a appelé samedi les socialistes à surmonter le choc de l'affaire Cahuzac et a exclu tout changement de cap économique et budgétaire, ainsi que tout recul sur la totale transparence prévue pour les parlementaires. /Photo prise le 11 avril

Jean-Marc Ayrault a appelé samedi les socialistes à surmonter le choc de l'affaire Cahuzac et a exclu tout changement de cap économique et budgétaire, ainsi que tout recul sur la totale transparence prévue pour les parlementaires. /Photo prise le 11 avril - -

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a appelé samedi les socialistes à surmonter le choc de l'affaire Cahuzac et a exclu tout changement de cap...

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a appelé samedi les socialistes à surmonter le choc de l'affaire Cahuzac et a exclu tout changement de cap économique et budgétaire, ainsi que tout recul sur la totale transparence prévue pour les parlementaires.

Le Premier ministre a tenté de réaffirmer son autorité devant un Conseil national du Parti socialiste organisé à Paris dans un contexte houleux, la gauche du PS en proie au doute réclamant ouvertement un changement d'orientation.

Après trois ministres, trente députés réunis au sein d'un nouveau courant, Gauche populaire, ont lancé vendredi un appel "contre l'austérité qui conduit aux populismes", réclamant une confrontation avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Alors que l'exécutif est de plus en plus impopulaire dans les sondages, Jean-Marc Ayrault a répété que la détention par l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac d'un compte occulte était la faute d'un homme seul et que lui-même avait cru jusqu'au bout qu'il s'agissait d'une "rumeur sans fondement".

D'emblée, le Premier ministre a rejeté les réserves ou critiques portées en particulier par le président PS de l'Assemblée nationale Claude Bartolone sur la transparence voulue par l'exécutif pour moraliser la vie publique.

"J'entends dire que la publication des patrimoines aurait pour conséquence la montée du populisme. Je crois tout l'inverse", a-t-il lancé, soulignant que 25 pays sur 27 en Europe avaient déjà créé cette obligation.

"Et c'est en France que le Front national progresse. C'est de l'opacité que se nourrit le populisme parce que l'opacité est la porte ouverte à tous les fantasmes", a-t-il ajouté.

Jean-Marc Ayrault, qui avait dès son arrivée appelé la droite à ne "pas tomber dans la radicalisation" après une manifestation violente vendredi soir contre le mariage homosexuel, a pris pour cible le président de l'UMP Jean-François Copé et à l'ex-Premier ministre François Fillon.

"UN CHOC TRÈS RUDE"

"Il n'y a pas de grande démocratie au monde pour accepter que le président d'un groupe ou d'un parti puisse cumuler cette mission avec celle d'avocat d'affaires", a-t-il dit. "Il n'y a pas de grande démocratie pour tolérer qu'un ancien Premier ministre tout juste redevenu parlementaire offre ses services comme consultant pour des intérêts privés."

Pour le Premier ministre, la droite n'a pas envie de progresser en matière de moralisation de la vie publique et "préfère détourner l'attention."

"Nous venons de subir un choc très rude, mais nous répondrons à l'attente des Français", a-t-il assuré avant de rejeter, comme l'avait fait François Hollande le 10 avril, tout changement de cap économique.

"Je ne serai pas le Premier ministre de l'austérité", a ajouté Jean-Marc Ayrault, affirmant, comme le chef de l'Etat que le "sérieux budgétaire" n'était en rien comparable aux politiques d'austérité menées dans le sud de l'Europe.

En réponse aux hebdomadaires mettant en avant la "faiblesse" ou l'impuissance de l'exécutif, le Premier ministre a répondu : "J'entends dire que le Président de la République ou le gouvernement feraient preuve de faiblesse."

"Mais quel est ce pouvoir si faible qui s'affronte au pouvoir de l'argent en imposant (...) le même barème d'impôt pour les revenus du capital et ceux du travail ? Quel est ce pouvoir si faible qui tient tête aux puissants en limitant leurs rémunérations indécentes ?"

Le climat pesant au Parti socialiste depuis l'affaire Cahuzac ébranle également la direction du Parti socialiste, le Premier secrétaire Harlem Désir étant de plus en plus contesté.

Sa proposition d'organiser un référendum sur la moralisation de la vie politique a été très mal perçue au sein de la gauche. Selon Le Parisien, paru samedi, François Hollande ne cache plus son irritation envers le dirigeant du parti.

Gérard Bon, édité par Marine Pennetier