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Jean-Luc Mélenchon: "Les Européennes seront un référendum" pour Emmanuel Macron

Si Jean-Luc Mélenchon a boycotté, ainsi que l'ensemble du groupe parlementaire insoumis, le discours d'Emmanuel Macron face au Congrès, il a répondu aux questions de BFMTV. Il a aussi répondu au chef de l'Etat sur la question européenne.

Comme l'ensemble du groupe des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon n'a pas assisté au discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès au château de Versailles ce lundi. Mais sécher l'intervention ne l'a pas empêché de la suivre. Il s'est notamment intéressé à la partie européenne de la prise de parole du chef de l'Etat. Ce lundi soir, sur BFMTV, le député élu dans les Bouches-du-Rhône a commenté: "Emmanuel Macron devrait se demander pourquoi il y a une telle montée de l’extrême-droite en Europe. Libéraux et fachos sont les deux faces de la même médaille. Les libéraux détruisent l’état social, ce qui provoque une poussée des fachos". 

Plus largement, il a jugé que la vision européenne d'Emmanuel Macron, qu'il a qualifié de "beau parleur", était "dépassée", fondée sur des propositions reprenant des mesures déjà en place. "Un parlement de la zone euro? Il y en a déjà un. Un budget? Il y en a déjà un", a égrené Jean-Luc Mélenchon. Et pour lui, les Européennes de l'an prochain seront capitales pour Emmanuel Macron. Il veut même croire qu'elles pourraient décider ce dernier à quitter ses fonctions si la liste de la majorité subissait une lourde défaite lors du scrutin: "S’il se prend une bâche aux Européennes, peut-être qu’il dirait ‘je lâche prise, au revoir, débrouillez-vous sans moi’. Tout le monde sait que ces Européennes sont un référendum". 

Le "minable" Tsipras 

L'Insoumis s'est félicité de la marche des événements pour son camp en vue de ces élections. "Nous avons créé un mouvement européen qui s’appelle ‘Maintenant le peuple’ avec Podemos, Bloco. Il va y avoir une alternative écologiste et progressiste en Europe", a-t-il annoncé.

En revanche, on ne trouvera pas Alexis Tsipras et son Syriza parmi ses partenaires européens. Il y a peu, le Premier ministre grec avait eu des mots peu aimables à l'égard de Jean-Luc Mélenchon, l'accusant entre autres de ne pas vouloir gouverner. Interrogé à ce propos, le Français a alors dit tout le mal qu'il pensait du Grec, auquel il reproche d'avoir trahi sa parole vis-à-vis de son peuple: "Monsieur Tsipras est une des figures les plus minables de la politique européenne". "Je ne veux pas que les Français croient que si je suis élu je serai un Tsipras. J’appliquerai ma politique", a-t-il dit un peu plus tard. 

"Oui, je crois à la France" 

Jean-Luc Mélenchon a également réglé ses comptes avec Benoît Hamon, sur fond de désaccord sur la politique européenne à entreprendre: "Je ne peux rien pour Benoît Hamon, je crois que personne ne peut rien pour lui." Le député s'est ensuite radouci, définissant sa feuille de route continentale. "Benoît Hamon et tous les autres écoutez-moi, si on applique notre programme qui est d’appliquer un protectionnisme aux frontières de l’Europe, d'harmoniser socialement le droit européen, d'harmoniser les salaires vous ne pouvez le faire dans le cadre des traités", a-t-il dit avant d'enchaîner: "C’est pourquoi il faut dire, plan A vous l’acceptez, plan B nous désobéissons et on voit avec les pays d’accord avec nous et augmentons nos contributions avec eux". 

Jean-Luc Mélenchon a expliqué que son idée de l'Europe était liée à son patriotisme: "Oui, je crois à la France et je préfère une Europe à la française, plutôt qu’une Europe à l’Allemande, une Europe laïque, où on protège les services publics où on a le droit au monopole etc. Ce n’est pas faire preuve de nationalisme, les valeurs françaises sont universelles."

Enfin, il a assuré qu'il fallait cesser de voir la Russie en ennemie et au contraire chercher à l'inclure dans les instances européennes: "La Russie a sa place en Europe, voilà ma thèse."

Robin Verner