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Jean-François Copé impose sa marque à l'UMP

Elu secrétaire général de l'UMP dans le sillage du dernier remaniement ministériel, Jean-François Copé n'a pas perdu de temps pour imposer son style à la tête de la formation en se démarquant ouvertement de son prédécesseur et vieil ennemi Xavier Bertrand

Elu secrétaire général de l'UMP dans le sillage du dernier remaniement ministériel, Jean-François Copé n'a pas perdu de temps pour imposer son style à la tête de la formation en se démarquant ouvertement de son prédécesseur et vieil ennemi Xavier Bertrand - -

PARIS (Reuters) - Elu secrétaire général de l'UMP au lendemain du dernier remaniement ministériel, Jean-François Copé n'a pas perdu de temps pour...

PARIS (Reuters) - Elu secrétaire général de l'UMP au lendemain du dernier remaniement ministériel, Jean-François Copé n'a pas perdu de temps pour imposer son style à la tête de la formation en se démarquant ouvertement de son prédécesseur et vieil ennemi Xavier Bertrand.

Le dirigeant du parti présidentiel, qui ne cache pas son ambition d'être candidat à l'élection présidentielle de 2017, a ainsi indiqué mercredi qu'il n'utiliserait pas le terme "Mouvement populaire" cher au nouveau ministre du Travail.

"Il faut que les gens sachent de quoi on parle. Le problème de la formule Mouvement populaire, c'est que personne ne l'utilisait, en dehors de Xavier bien sûr, de sorte que la marque n'a pas été identifiée", a-t-il dit lors de son premier point de presse dans ses nouvelles fonctions.

Quant à l'objectif des 500.000 adhérents à l'UMP que s'était fixé Xavier Bertrand à l'horizon 2012, il a exclu de reprendre à son compte des "affichages qui ne ressemblent à rien".

"Pourquoi 500.000, pourquoi pas 700.000 ?", a-t-il demandé. "Je préfère de loin la formule de la levée en masse, l'image des soldats de l'an II, l'idée qu'on dise voilà, on propose à chaque Française et à chaque Français qui le souhaite de venir apporter sa contribution au premier parti de France qu'est l'UMP".

Devenu en huit jours l'homme fort du parti présidentiel, le député-maire de Meaux a encore indiqué qu'il n'entendait laisser à personne d'autre qu'à lui-même et à ses deux adjoints, Marc-Philippe Daubresse et Hervé Novelli, le soin de porter la parole de l'UMP, même s'il a dit réfléchir à la possibilité de nommer des porte-parole thématiques.

"Le parti se grandit quand il exprime des positions de fond beaucoup plus que quand il laisse des porte-parole taper sur les personnes et je pense que de ce point de vue il faut que ça change ", a-t-il déclaré.

COPÉ VEUT RENCONTRER VILLEPIN

L'allusion au nouveau secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Artisanat Frédéric Lefebvre, véritable "chien de garde" du sarkozysme en tant que porte-parole de l'UMP jusqu'à son entrée au gouvernement, était très claire.

Organisés auparavant le lundi, les points de presse hebdomadaires de l'UMP auront lieu dorénavant le mercredi et seront précédés de la réunion d'un bureau politique, tout se passant dans les locaux de l'Assemblée nationale.

Soupçonné de vouloir garder aussi la main sur le groupe UMP de l'Assemblée, qu'il présidait jusqu'à l'élection de Christian Jacob, un de ses proches, mardi, pour lui succéder, il a invoqué des questions pratiques pour motiver ce choix.

Avant même de détailler les travaux du bureau politique de mercredi, il a souligné que l'ambiance avait "complètement changé" et que le débat avait été "extrêmement libre".

Jean-François Copé affiche aussi sa différence sur le cas Dominique de Villepin, le plus virulent critique de Nicolas Sarkozy du moment, souhaitant le rencontrer pour "parler, l'écouter, discuter avec lui".

A la question de savoir si le soutien au chef de l'Etat était un critère d'appartenance à l'UMP, il a répondu : "Bien sûr que l'engagement pour le président de la République, c'est majeur. Pour autant, ça veut pas dire qu'il ne faut pas qu'il y ait de débat, ça ne veut pas dire que personne ne doit jamais exprimer un désaccord".

"Le problème avec Dominique de Villepin n'est pas celui-là, le problème c'est qu'à partir du moment où lui-même exprime des oppositions aussi violentes à l'endroit du président de la République, moi j'ai besoin d'avoir un échange avec lui pour voir ce qu'il souhaite."

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse