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"Je pèse mes mots tout le temps": Mélenchon assume son tweet de soutien à Quatennens

Mis en cause pour avoir salué "le courage" du député LFI qui a reconnu avoir giflé son épouse, le patron de La France insoumise assume ses propos.

Rester droit dans ses bottes. Très critiqué après son tweet de soutien à Adrien Quatennens, dans les rangs de l'opposition mais aussi dans son propre camp, Jean-Luc Mélenchon n'a pas de regret.

"Je pèse mes mots tout le temps", répond le patron de La France insoumise au micro de BFMTV ce jeudi, devant l'Assemblée nationale. Avant d'ajouter au journaliste qui l'interroge : "C'est vous qui regrettez ce que vous êtes en train de dire".

"La confiance et l'affection" de Mélenchon pour Quatennens

L'ancien candidat à la présidentielle est pointé du doigt depuis sa réaction au communiqué de presse d'Adrien Quatennens dimanche qui évoquait des violences conjugales sur sa femme et son retrait de ses fonctions de coordinateur de la France insoumise.

Dans un premier temps, le septuagénaire avait salué "le courage et la dignité" de son lieutenant.

"Je lui dis ma confiance et mon affection", avait encore ajouté Jean-Luc Mélenchon sur son compte Twitter.

"Pas indifférent" à l'épouse de Quatennens

De quoi susciter une polémique, de Marine Le Pen qui a dénoncé "la formulation terrible" de ses mots à Aurore Bergé, qui a jugé ces "propos inacceptables".

Au sein de La France insoumise, l'embarras est palpable. Pas un seul des 75 députés insoumis n'a retweeté les propos de Jean-Luc Mélenchon. Seule la députée de Paris, Sophia Chikirou, très proche de l'ex-candidat à la présidentielle, a adopté le même ton sur le réseau social.

Quelques heures plus tard, l'insoumis avait tenté de se rattraper.

"Céline et Adrien sont tous deux mes amis. Mon affection pour lui ne veut pas dire que je suis indifférent à Céline", avait ainsi complété Jean-Luc Mélenchon.

Des critiques parmi les députées LFI

Le lendemain, plusieurs membres de La France insoumise avaient pris leurs distances avec ces propos. L'eurodéputée Manon Aubry avait avancé sur France info que "ce sont (ses mots), pas les (siens)", une formule également employée par la parlementaire Clémentine Autain dans Le Parisien.

Pascale Martin, députée LFI de Dordogne, est allée encore plus loin, dénonçant des "tweets qui révèlent une minimisation des faits qui ont été commis et une méconnaissance de la réalité des violences conjugales". Élise Leboucher, députée insoumise de la Sarthe, a "apporté" également "son soutien" au communiqué de presse de sa collègue.

"Ses tweets n'allaient pas du tout", dénonce Rousseau

L'éco-féministe Sandrine Rousseau, membre de la Nupes, a elle aussi haussé le ton.

"Alors oui les tweets de Jean-Luc Mélenchon n’allaient pas du tout. Pas de doute. Ni le premier ni le second", a écrit la députée écologiste sur son compte Twitter mercredi.

"Les partis sont des lieux de fidélités, de loyautés, tout autant que d'adversités, raison pour laquelle il est difficile de faire avancer les choses en interne", a encore analysé Sandrine Rousseau.

Marie-Pierre Bourgeois